LIVRE VIII
Les colonnes, formées dans le faubourg Saint-Antoine, s'étaient mises en marche fort lentement. Santerre était à leur tète, mais se souciait fort peu d'être le premier à l'assaut. Il conduit sa troupe vers l'Hôtel de Ville, où les commissaires des sections l'ont proclamé commandant en chef de la garde nationale} il entre à la maison commune pour leur adresser ses remerciements et leur rendre hommage; puis, sous prétexte qu'un général ne doit pas se prodiguer, il déclare que, de là, il dirigera tout le combat1. Les Marseillais, transférés depuis deux jours de la caserne de la Nouvelle-France à celle des Cordeliers, se trouvaient à portée de la section du Théâtre-Français 2, l'un des foyers les plus ardents de l'insurrection; mais, fidèles aux ordres qu'ils avaient reçus de Barbaroux, ils refusaient également de faire tête de colonne3. Cependant, réunis aux Brestois, ils finissent par s'ébranler et ' vont, avec les bandes de Saint-Marceau, rejoindre les insurgés du faubourg Saint- Antoine , qu'ils trouvent à la