‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 14 sur 237 · Moniteur, p. 800, 810 et · texte numérisé non relu

Moniteur, p. 800, 810 et

montrer que le fanatisme n'est point la cause principale des divisions intestines, mais qu'il faut la chercher dans l'existence de ces sociétés d'amis de la Constitution, qui ont étendu leurs ramifications clans toutes les communes de France, violé en plusieurs occasions le secret des lettres, mandé les magistrats à leur barre, asservi les municipalités, commis lesattentats les plus manifestes contre cette même Constitution dont ils s'intitulent faussement les amis.

Le ministre termine son rapport par une déclaration que ses collègues et lui s'étaient imaginé devoir produire une impression très-vive sur l'Assemblée, et qu'au contraire elle accueillit avec la plus complète indifférence1.

« Les ministres, dit-il, manqueraient à ce qu'ils doivent à l'Assemblée s'ils ne déclaraient que, dans un tel état de choses, ou plutôt dans ce renversement de tout ordre, il leur est impossible d'entretenir la vie et le mouvement d'un vaste corps dont tous les membres sont pa-

1 . Voir la pièce annexée au rapport de Gohier sur les papiers trouvés dans l'armoire de fer et cotée dxxi. Les six ministres y déclarent à Louis XVI a qu'ils se sont résolus à donner leur démission pour démontrer à la nation que l'Assemblée nationale agit de manière à détruire toute espèce de gouvernement, et qu'il y a lieu de penser qu'une pareille détermination fera un effet très-considérable sur l'opinion publique. » Cinq de ces ministres persistèrent dans leur résolution, un seul revint sur ce qu'il avait solennellement annoncé ; ce fut justement celui-là môme qui portait la parole au nom de ses collègues. . Dejoly conserva les sceaux jusqu'à la chute de la monarchie et fut obligé, comme nous le verrons dans le livre VIII, do les apposer sur le décret prononçant la suspension du monarque. Certes, Louis XVI ne se doutait pas, quand il !es avait remis à Dejoly, à quel usage final ils devaient servir.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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