LIVRE VIII
pleine liberté. On pillait toujours.au Château ; l'incendie, après avoir dévoré les baraques des cours, atteignait déjà les ailes du monument. A chaque instant des coups de fusil se faisaient entendre; c'étaient quelques malheureux blessés que l'on achevait, c'était une vengeance particulière qui s'assouvissait impunément.
Pour essayer d'apaiser ces désordres et d'arrêter ces crimes individuels qui se renouvellent sans cesse, l'Assemblée envoie des commissaires pris dans son sein, mais ils sont à peine écoutés. Elle fait- distribuer des proclamations imprimées et même manuscrites (car on ne peut trouver d'ouvriers imprimeurs, et les députés en sont réduits à copier les décrets qu'ils viennent de rendre), les spectateurs et les pétitionnaires en sortent chargés; mais bientôt les plus zélés reviennent annoncer que la populace ne veut pas plus suivre leurs conseils que ceux des députés, qu'en vain ils ont cherché des officiers municipaux pour parler avec l'autorité qui leur manque; qu'à peine ont-ils rencontré quelques commissaires de police disposés à proclamer la loi au son du tambour1.
L'Assemblée fait une seconde tentative et expédie de nouveaux commissaires, ceux-ci lui rapportent de meilleures nouvelles : Henri Larivière annonce qu'aussitôt qu'ils ont été reconnus pour des représentants, ifs ont été environnés par une foule de citoyens qui ont entendu avec respect, la téte découverte, la lecture de la "loi : « Tous ceux qui m'entouraient, ont juré de périr plutôt que de déshonorer la liberté par un crime- » Et, se tour-