‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 24 sur 237 · LES FÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

LES FÉDÉRÉS

Aux approches du l!\ juillet, les fédérés commencèrent à affluer dans Paris. Dès leur arrivée ils étaient entourés r les meneurs des faubourgs, conduits dans la salle Saint-Honoré, harangués par les jacobins les plus fameux; comment n'auraient-iis pas été enivrés de leur importance?

Robespierre composa en leur honneur, de son étyle le plus emphatique, une espèce de dithyrambe qui commençait ainsi :

« Salut aux défenseurs de la liberté, salut aux généreux Marseillais qui ont donné le signal de la sainte fédération qui les réunit! Salut aux Français des quatrevingt-trois départements, dignes émules de leur courage et de leur civisme! Salut à la patrie puissante, invincible, qui rassemble autour d'elle l'élite de ses innombrables enfants armés pour sa défense! Que nos maisons soient ouvertes à nos frères comme nos cœurs; volons dans leurs bras, et que les douces étreintes d'une sainte

amitié annoncent aux tyrans que nous ne souffrirons pas d'autres chaînes.

« Généreux citoyens,... vous n'êtes point venus pour donner un vain spectacle à la capitale et à. la France... Votre mission est de sauver la patrie... Ne sortez point de cette enceinte sans avoir décidé dans vos cœurs le salut de la France et de l'espèce humaine. Citoyens, la patrie est en danger! la patrie est trahie! Oh! combattez pour la liberté du monde! Les destinées de la génération présente et future sont entre vos mains; voilà la mesure de notre sagesse et de votre courage1. »

TCn même temps qu'elle expédiait son terrible contingent, la municipalité de Marseille avait envoyé à l'Assemblée une adresse qui était le véritable programme de la journée du 10 août. « L'hérédité de la royauté, y lisait-on, consacrée en faveur d'une race parjure, est un privilège subversif de la liberté. La nation, qvii s'est affranchie de tous les autres, ne peut plus le subir. L'inviolabilité du roi, qui a fui lâchement, qui ne cesse, au moyen de la liste civile, d'alimenter une source intarissable de trahisons et d'abus, et qui, par le veto suspensif, élève la volonté d'un seul au-dessus de la volonté de tous, est une absurdité contraire à la raison et à l'intérêt national. Que le pouvoir exécutif soit nommé et destitué par le peuple, comme les autres fonctionnaires! »

Quand cette adresse fut lue à l'Assemblée, Martin (de Marseille), celui que Mirabeau avait surnommé le Juste, homme honorable entre tous, et qui avait longtemps joui

\. Défenseur de la constitution, n" IX.

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