‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 3 sur 237 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

eK-consti tuants qui ont eu le courage d'organiser, dans Paris et les départements, un pétition nement général destiné à rallier tous les bons citoyens sous les drapeaux de la loi.

Cette pétition fameuse contient une énumération de toutes les fautes de la municipalité parisienne et du commandant général de la garde nationale durant la journée du 20 juin ; elle se termine ainsi :

« Songez, messieurs, en combien de manières la loi et la Constitution ont été violées. Songez au spectacle que Paris, que le lieu de votre résidence et de celle du roi ont donné dans cette fatale journée aux quatre-vingttrois départements et à l'Europe, et voyez à quoi vous

époque présentent «ne toile confusion que les tables du Moniteur, établies cependant avec soin, font de Guyot deux personnages distincts, l'un constituant, l'autre conventionnel, n'ayant aucun rapport entre, eux ; voici la lettre que Guyot écrivit au Moniteur, le 25 juillet 1792 :

« Monsieur te rédacteurs

« Un certain ïl!. Guillaume, qui n'est ni Guillaume le Conquérant, ni Guillaume, le marchand de draps de l'avocat Patelin, mais Guillaume le marchand de pétitionSj m'a envoyé la sienne pour la faire souscrire par les habitants de Semnr, qui sont mes concitoyens... Je ne suis plus son collègue à l'Assemblée constituante, je ne veux pas davantage être du nombre de ses correspondants, car le rôle le plus vil à mes yeux est celui d'un intrigant subalterne. »

Guillaume eut plus tard encoi« le courage de se présenter pour être un des défenseurs de Louîs XVI devant la Convention ; il fut incarcéré pendant la Terreur-, mais, oublié dans le Tond d'une prison, il survécul à la tourmente révolutionnaire. Florent-Guyot fut successivement ministre de la république auprès des Grisons et en Hollande ; sous l'empire, il fut secrétaire du conseil des prises.

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obligent la qualité de représentants de la nation et le devoir de législateurs, à la fidélité desquels le dépôt de la Constitution a été confié1. »

Comme on savait depuis plusieurs jours dans Paris le jour et l'heure auxquels la pétition des vingt mille serait présentée, les Jacobins avaient pu préparer, pour lui servir de contre-partie et faire parvenir à la barre en même temps qu'elle, d'autres pétitions demandant le licenciement de l'état-major de la garde nationale parisienne2.

La Fayette comptait, dans ce corps d'officiers, de nombreux amis et adhérents qui avaient soutenu de toute leur influence la propagande constitutionnelle de Guillaume et de Dupont (de Nemours). Aussi, à peine l'Assemblée a-t-elle entendu la lecture des pétitions jacobines, que Thuriot s'élance à la tribune et déclare qu'il est en mesure de dévoiler le vaste complot dont l'étatmajor est l'agent le plus actif.

Lacroix, Mailhe, Aréna (de la Corse) demandent que

4. Cette pétition était revêtue de signatures qui couvraient deux cent quarante-sept pages; leur nombre ne s'élevait pas à vingt mille; néanmoins la pièce resta désignée sous ce chilTro, de même que la pétition contre le camp sous Paris avait pris le nom de pétition des huit mille. Nous verrons bientôt arriver l'époque où il suffira d'avoir signé l'une de ces pièces pour être déchu de ses droits de citoyen et même pour être, inscrit sur les listes de proscription. Le Moniteur de 1792, p. 768, le Journal des Débats et Décrets, p. 579, donnent des versions presque identiques de la pélition des vingt mille; nousen avons eu le texte original entre les mains.

%. Pétitions des sections de la Crois -Itouge, de la Fontaine de Grenelle, de Bonne-Nouvelle, des Tuileries et des Lombards. Voir le Moniteur, p. 770 et 774, le Journal des Débals et des Décrets, p. 279

et m.

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l'on décrète sans désemparer l'urgence et, après l'urgence, l'adoption du principe du licenciement. D'autres membres de la gauche proposent que la mesure soit étendue aux étals-majors des grandes villes : ils étaient tous atteints du même vice originel , celui de compter dans leurs rangs un grand nombre d'officiers attachés à la Constitution. Après des débats orageux, an milieu du désordre d'une séance de nuit, l'Assemblée, épuisée de fatigue, décide, aux applaudissements des tribunes, que l'état- major de la garde nationale sera, immédiatement dissous à Paris et dans toutes les villes de cinquante mille âmes et au-dessus1.

Le 2 juillet, le ministre de l'intérieur, Terrier-Moncieï, se présente à l'Assemblée pour obéir au décret de la veille et rendre compte de l'exécution de la loi qui défend aux administrations départementales et municipales d'envoyer des délégués auprès du roi ou du Corps législatif.

Cette loi, dit-il, n'a jamais été appliquée; dans ce moment, Paris contient plus de trois cents délégués venus des diverses parties du royaume pendant le ministère dé Roland et celui de ses prédécesseurs; du reste le directoire du département de la Somme s'élant empressé de

'I. Il était minuit. Voir le Moniteur, p. 77-3, et le Journal des Débals et Décrets, a" 28*, p. 27.

10 HISTOIRE DE LA TE RBEUIt.

rappeler ses deux commissaires, it n'y avait plus lieu de sévir contre ties administrateurs qui s'étaient si loyalement exécuiés i.

Il ne s'agit plus de cela- s'écrie Guyton-Morveau, appuyé par Lasource, Cambon, Saladin. L'arrêté inconstitutionnel a été réimprimé à .l'Imprimerie royale qui est dans les attributions du ministre de l'intérieur. Celte nouvelle édition a étéeuvoyéeàprofusion dans les quatrevingt-deux départements par ordre du ministre. Le ministre est responsable decette publication extraordinaire; c'est une excitation à la haine des départements contre Paris.

Le minisire répond qu'il croyait que, la liberté de la presse existant en France, dès qu'un arrêté départemental n'était pas annulé comme inconstitutionnel par l'autorité hiérarchiquement supérieure, tout le monde était libre de le faire réimprimer.

Peut-être Terrier-Monciel avait-il quelque peu abusé de son pouvoir ministériel et commis une imprudence par excès de zèle. On le traite comme s'il se fût rendu cou-

1 . Voici le texte du second arrêté pris par le directoire du départemont de la Somme :

« Le directoire, instruit par ses commissaires que le calme est rétabli à Paris, que la personne du roi est en sûreté; considérant que, par son arrêté du 22, il avait spécialement chargé ses commissaires de veiller à la sûreté du roi et de l'instruire des manœuvres et des complots dont ils pourraient prendre connaissance ; mais que ces commissaires, n'ayant aucun caractère public à Paris, manquent absolument des moyens nécessaires pour découvrir les factieux, arrête de les rappeler et de les charger de rendre compte du présent arrêté au ministre de l'intérieur,

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