Moniteur, séance du 28 juillet au soir
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
I«>8 HISTOUiE DE LA TERREUR.
« Les assemblées des quarante-huit sections sont périt manentes. »
Pétion, maire;
Royeu, secrétaire-greffier.
Cette permanence devait être et fut effectivement le signal de la plus affreuse anarchie.
Les séances des sections se tenaient d'ordinaire le soir, et souvent se prolongeaient fort avant dans la nuit. Les affidés des Jacobins , eu jetant à travers chaque discussion une multitude de motions incidentes, éloignaient les citoyens paisibles par l'ennui, le dégoût et même la terreur. On craignait de s'attarder dans les rues, qui étaient peu sures, on ne voulait pas inquiéter sa famille; car, à cette époque déjà, les soupçons, les défiances, les rixes ménagées d'avance, occasionnaient de fréquentes arrestations; si l'on se rendait à sa section, l'on n'y venait qu'un instant faire acte de présence. De là nulle entente; point de cohésion, ni de force de résistance parmi les gens paisibles ; les agitateurs, seuls assidus et toujours organisés, avaient beau jeu pour enlever le vote des motions les plus extravagantes.
Ce fut bien pis encore lor sque les salles de délibération restèrent légalement ouvertes jour et nuit. Les démagogues trouvaient sans peine, même lorsqu'ils étaient réellement en infime minorité, l'heure favorable pour compromettre la section entière par l'adoption de propositions que la majorité eût certainement repoussées. Souvent même il ne restait aucune trace des débats dans le registre des procès-verbaux, elles nominations des commissaires étaient simplement certifiées sur des feuilles