LIVRE XLV
Lendent le résultat afin de se découvrir et d'arborer l'étendard de la contre-révolution. 11 y a dans Bordeaux des conspirateurs dont il faut se saisir et dont la tête doit tomber sur l'échafaud. »
Delacroix' ajoute : « D'après le fait annoncé par Chabot, je ne conçois pas comment les sections deBordeauxqui, il y a huit jours, méconnaissaient l'autorité de la Convention, osent vous envoyer aujourd'hui des commissaires pour implorer votre indulgence. Une ville ne doit point espérer de pitié tant qu'elle est en insurrection. >i
Sur leur proposition, la pétition des Bordelais est renvoyée au Comité de salut public, et l'Assemblée passe à l'ordre du jour.
De leur côté, Baudot et Ysabeau écrivaient à la Convention : « Le peuple de Bordeaux n'a vu aucun grand mouvement de révolution, et il n'a pas l'activité nécessaire pour en faire une lui-même; mais, avec un petit peloton d'armée, tout se fera au gré de vos désirs. La garnison de Valenciennes, qui est à l'ours, pourrait peut-être fournir ce contingent. » Elle était destinée à Lyon, et le Comité de salut public se contenta d'ordonner au ministre de la guerre d'expédier à La Réole et h Tonneins les objets d'armement et d'équipement nécessaires pour une armée de ù.000 hommes. Par le même arrêté, le général Brune, cher aux jacobins depuis sa participation aux affaires de Pacy, était envoyé dans la Gironde avec Tallien pour assister les représentants dans l'exécution des mesures militaires.
L'échec de la députation et les préparatifs de la Con-
■m HISTOIRE Dlî LA TERREUR.
vention augmentaient dans Bordeaux l'audace des jacobins. Les ouvriers de l'atelier militaire du grand séminaire donnèrent le signal de la résistance ouverte eu refusant délivrer les objets confectionnés par eux. Quelques jours plus tard, dans la matinée du 9 septembre, la section Franklin se présenta en masse à l'hôtel de ville et réclama l'exécution immédiate du décret du 6 août. Cette fois encore, la municipalité put résister ; mais la protestation désespérée qu'elle adressa le jour même à la Convention se terminait par ces paroles, indices d'une défaillance prochaine : « Si le vœu de nos concitoyens désigne des hommes qui leur soient plus agréables ou plus utiles que nous, qu'ils le remplissent; ils n'éprouveront de notre part aucune résistance. » Pour conformer ses actes à ses paroles, elle prononçait la dissolution de la Société de la Jeunesse bordelaise, sa dernière ressource contre l'émeute.
« Il semble, dit Ysabeau en envoyant au Comité de salut public cette dernière proclamation, que l'esprit public veuille se réveiller à Bordeaux. Le blocus moral est fait complètement, et nous sommes assurés que plus du trois mille citoyens se joindront à nous, aussitôt que nous aurons un petit corps d'armée, et qu'il en sortira
autant au moins des faubourgs de la ville Mon
collègue Baudot est parti pour l'armée de la Vendée, afin de rechercher avec les généraux les moyens de détacher quelques troupes Nous faisons rassembler sur
trois points différents la partie delà gendarmerie nationale qui n'est pas nécessaire pour le service public et, si nous pouvons venir à bout de réunir quelques
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