‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. huitièmeChapitre 169 sur 308 · LIVRE XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI

livres destinée à être remise au général Beysser, chargé d'arrêter les députés rebelles et les conspirateurs réfugiés dans les départements de la ci-devant Bretagne ». En même temps, le Comilé, fidèle à son système de surveillance et de délation mutuelles, plaçait auprès du général deux commissaires, les citoyens Hérault et Héron, avec mandat de concourir aux opérations et d'envoyer tous les jours un compte rendu au ministre de la justice.

Le 31 août1, un nouveau surveillant, Guermeur, fut adjoint aux deux premiers. Tous les trois étaient

1. Le Comité de salut public attachait une grande importance à la réussite de la mission dé Beysser. Cette nouvelle délibération, à trois jours d'intervalle, en donne la preuve.

« Sur la déclaration du ministre de la justice que, sur les cinq cent mille livres mises à ^disposition pour dépenses secrètes, il a donné cent mille livres au général Beysser, pour être déposées dans la caisse du payeur du département d'Ile-et-Vilaine, afin de fournir aux dépenses que les pouvoirs qui lui ont été donnés par le Comité de salut public peuvent exiger; et sur la proposition dudil ministre d'adjoindre à ce général des] citoyens patriotes, pour l'accompagner et le seconder dans les mesures d'exécution, pour parvenir à arrêter les députés conspirateurs qui se sont réfugiés dans les départements d'Ille-et-Vilaine, Cotes-du-Nord; Finistère, Morbihan et autres départements circon voisins;

« Le Comité de saiut public do lu Convention nationale autorise le ministre de la justice à envoyer les citoyens Hérault, Héron et Guermeur près du général Beysser, pour le seconder dans la mission qui lui a été confiée, concerter et exécuter avec lui toutes les mesures nécessaires pour la faire réussir.

Arrête que le ministre de la justice rendra compte au Comité des opérations journalières desdits commissaires. »

Cet arrêté porte la signature de Barère, Hérault, Jean Bon-Saint- André, Prieur (de la Côto-d'Or), Prieur (de la Marne) et Thuriot.

2. Voir tome IV, pages 436 et suivantes, le rôle déjà joué par Guermeur en Bretagne.

les plus fins limiers et les agents habituels du Comité de sûreté générale.

Il est difficile de raconter exactement ce que fit Beysser; mais il est permis de tout supposer delà part d'un homme qui avait le cynisme de dire aux représentants delà Convention « qu'ils étaient les commissaires des scélérats et que, s'il avaitdix mille hommes à ses ordres, il les culbuterait; qu'en attendant, puisque cela n'était pas, il voulait bien de nouveau prendre de l'emploi1. » Ce qui est certain, c'est qu'il avait accepté une mission, au-dessus de ses forces comme au-dessous de ses fonctions, et qu'il ne put remplir les promesses qu'il avait [faites au Comité. Le châtiment ne se fit pas attendre. .

Le 19 septembre, uû mois a peine après avoir été investi de ces pleins pouvoirs, Beysser était destitué et décrété d'accusation, sur !e rapport des agents chargés de l'assister3. Pour prix de leur dénonciation, Guermeur et Hérault restèrent seuls à la gloire et au profit. En leur continuant la honteuse mission qui convenait mieux à leur caractère, le Comité de salut public les autorisa

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