‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 130 sur 191 · LA FAYETTE A PARIS · texte numérisé non relu

LA FAYETTE A PARIS

Le soir même du 20 juin, le ministre de l'intérieur et le département de Paris s'étaient concertés pour adopter les mesures propres à rétablir la tranquillité dans la capitale, se faire rendre.un compte détaillé des événements de la journée et de la conduite des différents fonctionnaires publics, enjoindre aux juges de paix, et notamment à celui de la section des Tuileries, de commencer sans retard des informations judiciaires 1 .

i. Voir, dans la Revue rétrospective, 2 e série, t. I w , p. 477, 178 et 479, les billets du ministre de l'intérieur et l'arrêté du directoire du département. Voici la lettre que le directoire du département écrivit au ministre de l'intérieur' le 20 juin au soir :

i Paris, la SO juin 1133, an iv de la liberté.

m Nous venons, monsieur, d'envoyer du maire de Paris copie de la lettre que vous nous avez adressée ce soir; nous l'avons prié d'employer tous ses soins pour prévenir que les événements d'aujourd'hui ne se renouvellent. Vous avez été témoin des mesures que nous avons concertées avec le commandant général pour que la garde du Château soit composée do deux mille cinq cents hommes. Nous venons de convenir que M. le procurcur-gciiûnl-syndic, et, lorsqu'il ne pourra pas

Mais c'était sur P Assemblée nationale que les constitutionnels avaient surtout résolu d'agir. De l'attitude qu'elle allait prendre, après de si effroyables désordres, dépendait, en effet, la chute ou le salut de la monarchie.

A peine la séance du 21 juin est-elle ouverte, que Daverhoult, l'un des membres les plus courageux de la droite, s'élance à la tribune.

« Un grand attentat a été commis hier, s'écrie-t-il ; on a porté atteinte à la liberté du roi... »

De violents murmures s'élèvent ; Tliuriot, toujours prêt à se constituer le défenseur de la municipalité parisienne, demande la parole.

« Il faut que M. Daverhoult soit entendu, dit Dalmas d'Aubenas ; un grand attentat a été commis, il vient en demander vengeance. »

Les murmures redoublent, et l'Assemblée ne peut y mettre fin qu'en décrétant, sous prétexte qu'elle n'est pas encore assez nombreuse, que Daverhoult sera entendu à midi.

Mais la question qui agitait secrètement tous les esprits

y cire, deux membres du directoire, seront constamment aux Tuileries, où ils se rendront demain, au premier instant qu'il paraîtra nécessaire, pour donner les ordres convenables, requérir l'action de la force publique et agir à défaut de la municipalité. Nous vous prions en conséquence, monsieur, de vouloir bien faire avertir M. le procureur-général-syndic et nous, dès que voua noire/ qu'il en sera besoin. « Los administrateurs du département de Paris :

«Signe : La Rochefoucauld, président; Anson ; viceprésident; J.-L. Brousse, GEruuiN-GAnNtER, Davous, Thion de la Chaume. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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