LIVRE III
Lorsque les esprits sont surexcités, il est facile de détourner l'attention publique de l'objet précis qui dela seule journée du 23 juin. Ces pièces montrent combien le directoire était résolu à faire bonne justice de toutes les excuses dilatoires que le maire de Paris avait toujours à son service.
• Paris, le 23 juin 1702.
« Monsieur le Maire de l'aria, » Nous avions'pris hier, monsieur, un arrêté pour vous inviter à envoyer au conseil du département les procès-verbaux relatifs aux événements du 20 juin. Nous n'avons reçu de vous aujourd'hui que l'assurance que ces procès-verbaux nous seraient remis aussitôt que l'expédition en serait faite; nous vous prions, monsieur, de vouloir bien vous rendre au conseil ce soir sur les neuf heures, à une conférence que nous devons avoir avec les- six chefs de légion et Al. de Wiltenghoff, pour connaître les dispositions concertées pour demain.
« Les administrateurs composant le conseil du département, . « Signé : Larocuefoucauld, président; «Blondel, secrétaire."
«P. S. Ne vous étant pas rendu ce matin au conseil du département, vous voudrez bien ne pas manquer de vous y trouver ce soir; votre devoir et celui du conseil le nécessitent, n
■ Paris, leM juin -1792, an iv da la liberté.
« Le conseil du département, monsieur, me charge de vous adresser l'expédition d'un arrêté qu'il vient de prendre pour que les procès-verbaux relatifs aux événements du 20 juin lui soient apportés demain, à neuf heures très-précises du matin,
<t Signé : Le procureur- général-syndic du département de Paris, « Roedeheh. »
a Le conseil du département,
« Considérant que, malgré ses instances réitérées auprès de la mu- « nicipalilé de Paris et les assurances contenues en la lettre du maire
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vrait la fixer, et dé la diriger sur un incident de minime importance.
Pétion connaissait cette tactique. 11 savait aussi que, lorsque l'on est soutenu par la faveur populaire, il vaul mieux devancer l'attaque de ses adversaires, et, d'accusé, devenir accusateur. C'est pourquoi le directoire ayant dit, dans les considérants de son arrêté, destiné à rappeler la loi du S août 1791 sur la réquisition de la force publique : « l'événement du 20 juin aurait été prévenu si les lois existantes avaient été mieux connues des citoyens et mieux observées par les fonctionnaires publics chargés de leur exécution immédiate; » le maire s'empressa de relever cette phrase comme «né insulte, et d'écrire une lettre qui finissait par une véritable provocation :
« Je vous interpelle en mon particulier de poursuivre d'une manière franche^et directe le maire de Paris, s'il
« fin 22 'juin, ït n'a cependant, jusqu'à ce moment, reçu qu'un seul « procès-verbal de la matinée du 20 juin, et n'a reçu aucun des pro- « ces-verbaux de ce qui s'est passé au cliûteau des Tuileries depuis « l'heure de midi , ainsi qu'il avait été ordonné par l'arrêté du direc- « toirc dudit jour, 20 juin, approuvé par le conseil, le 22'; « Lo procureur- général-syndic entendu,
« Ordonne que demain 24, à neuf heures très-précises du matin, « le maire et la municipalité de Paris satisferont à l'arrêté du 21 juin « et apporteront les expéditions, ou au moins les minutes de tous les a procès-verbaux , tant du corps municipal que du conseil général de o ia commune, relatifs aux événements du 20 juin.
« Fait en conseil générai du département, le 23 juin 4792, an iv de o la liberté.
« LABQCiiKFOvcAtlLi), président; « Iîlondel, secrétaire. »