‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 15 sur 191 · L'Ami du peuple, n · texte numérisé non relu

L'Ami du peuple, n

préparatifs de l'ignoble parade. La polémique des journaux s'envenima de plus en plus ; les murailles se couvrirent de placards de toutes couleurs - r où la fête projetée était attaquée et défendue sur tous les tons et sous toutes les formes.

La municipalité envoya aux quarante-huit sections et aux soixante bataillons, avec prière de l'afficher, une lettre dans laquelle Pétion expliquait ce que devait être cette fête qui excitait tant de rumeurs. « De quoi s'agit-il? ■disait le maire avec sa bonhomie de convention. Des soldats qui, les premiers avec les gardes-françaises, ont brisé nos fers 4 , qui ensuite en ont été surchargés, arrivent dans nos murs. Des citoyens projettent d'aller à leur rencontre, de les recevoir avec fraternité. Ces citoyens suivent un mouvement naturel, ils usent d'un droit qui appartient à tous. Ils invitent leurs concitoyens, ils -invitent leurs magistrats à s'y trouver. Les magistrats ne voient rien là que de simple, que d'innocent. Ils voient des. citoyens qui s'abandonnent à la joie, à l'allégresse; chacun est libre de participer ou de ne pas participer à cette fête; ce n'est pas l'autorité qui la provoque, c'est le vœu des citoyens qui la donne. Si personne n'eût vu que ce qui est, tout se serait passé sans bruit,

' 1. Les partions de la ftHe prcîeudairui!. iju^ Suisses de Châteauvieux avaient refusé, en juillet 4789, de tirer sur le peuple. Ce régiment, ainsi que plusieurs autres, était campé au Champ-de-5lar3 et n'avait pas eu l'occasion d'opposer un refus à des ordres qu'on ne lui avait pas donnés; mais peu importait, en 1702, aux Jacobins.; les besoins de la circonstance exigeaient que les Suisses de Château vieux fussent représentés comme des victimes de leur dévouement à la cause du peuple.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Page 1