LIVRE II
Ce fut alors que le chef de bataillon du Val-de-Grâce émit une opinion qui devint uu trait de lumière pour Pétion. SaimVPrix était un homme d'ordre, il respectait sincèrement le roi et la constitution 1 ; c'était aussi un artiste éminent, qui jouait admirablement les rois sur la scène du Théâtre-Français, mais ce n'était ni un profond politique, ni un savant jurisconsulte : <« Permettez-moi, monsieur le maire, dit-il, un conseil qui me paraît dicté par la prudence ; puisque vous connaissez la pétition et le point de réunion, rendez-vous avec la municipalité au lieu du rassemblement, lisez l'arrêté du département, représentez, par une proclamation, au peuple qu'une pétition ne peut ni ne doit se faire en armes, que la démarche est illégale ; que, sans le respect dû aux autorités constituées, la constitution, pour laquelle il a juré de mourir, n'existe plus. Obtenez des citoyens qu'ils déposent leurs armes, ayant d'entrer à l'Assemblée nationale et chez le roi. Offrez au peuple pour garantie de sa sûreté de le précéder avec la municipalité. Ordonnez au commandant général de convoquer un certain nombre de volontaires par bataillon , qui , placés sur le flanc , à gauche et à droite de la municipalité, protégeraient la marche des pétitionnaires et donneraient ainsi un caractère d'autant plus imposant à cette démarche qu'elle serait totalement dans les formes légales 2 . »
Légaliser un mouvement essentiellement révolutionnaire, lui ôtertout péril et doubler sa force : quelle naïve