LIVRE II
n'est pas besoin d'armes. « Nous ne nous désarmerons pas, leur répond-on, et si l'on envoie des canons contre nous, eh bien! nous aurons les nôtres. » Les municipaux veulent encore parler, mais l'attroupement les interrompt en criant : « En voilà bien assez ; M. le commandant, en avant! » Et Alexandre de répéter : « En avant ! en avant 1 ! »
Au même moment (midi environ), le faubourg Saint- Antoine s'ébranlait aussi. Santerre sortait de sa brassérie et prenait la tête du cortège. Il était suivi par les canons, le drapeau du bataillon et le char qui portait le peuplier. Le brasseur-commandant était le héros et le triomphateur du jour.
Pendant que les amis de Pétion, administrateurs de police ou simples officiers municipaux, dépensaient de vaines paroles pour ne rien empêcher, que faisait le maire de Paris lui-même? Il refusait tout ordre écrit au commandant de la garde nationale 2 qui n'osait pas agir sans cela, et, comme nous l'avons déjà dit plus haut, le retenait à l'hôtel de ville depuis huit heures du matin jusqu'à onze heures et demie 3 , pour le faire assister à la séance du corps municipal.
\. Rapport Alexandre et procès-verbal îiluuchet, Guiard et Thomas.