LIVRE II
du peuple et que ceux-ci délibéreraient sur l'admission des pétitionnaires.
La lettre adressée par le tout-puissant brasseur au président de la représentation nationale était conçue en ces termes :
« Monsieur le Président,
« Les habitants du faubourg Saint-Antoine célèbrent aujourd'hui l'anniversaire du Serment du Jeu de Paume ; ils devaient présenter leurs hommages à l'Assemblée nationale. On a calomnié leurs intentions; ils demandent l'honneur d'être admis aujourd'hui à la barre; ils confondront une seconde fois leurs lâches détracteurs, ils prouveront toujours qu'ils sont les amis des lois et de la liberté, les hommes -du 14 juillet.
« Je suis avec respect, monsieur le Président, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
« Signé : Santerre, commandant de bataillon 1 .
<c Paris, le 20 juin 4792. »
La lecture de cette lettre provoque les bruyants applaudissements des tribunes 2 . Une partie de l'Assemblée se lève en criant : « Qu'on introduise les pétitionnaires! — Non! non! » crie-t-on à droite. Ramond, l'un des plus courageux orateurs de ce côté, demande la parole; mais Lasource est déjà à la tribune. « Un des pétitionnaires, dit-il, m'a fait appeler pour m'annoncer que ceux
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