LIVRE II
ment de ce danger. » Et néanmoins il conclut en demandant que l'Assemblée daigne recevoir à l'instant les citoyens de Paris qui sollicitent l'honneur de défiler devant elle.
Ramond veut répondre à Vergniaud, mais il est constamment interrompu par les vociférations de la gauche, qui réclame la clôture de la discussion. Enfin, la parole lui est maintenue* par un vote, et déjà il commence à réfuter l'argumentation de ses adversaires 1 , lorsque le président dit avec émotion : « Je suis obligé d'interrompre la discussion pour annoncer à l'Assemblée que le commandant de garde vient de m'avertir que les pétitionnaires sont aux portes de cette salle au nombre de huit mille. »
L'Assemblée est en proie à une vive agitation, que cette parole lancée par Calvet augmente encore : « Ils sont huit mille et nous ne sommes que sept cent quarante-cinq; c'est le moment de lever la séance et de nous en aller !
— Délibérons tranquillement, s'écrie un autre député, que M . Ramond continue son discours 1 »
L'Assemblée entière applaudi ta cette dernière motion ; Hua, Larivière et d'autres membres de la droite demandent eux-mêmes que Calvet, leur ami, soit rappelé à l'ordre; ce rappel est prononcé à l'unanimité 2 . Tant il est vrai que dans toute assemblée, quelque divisée, quelque
i . Pour celle partie de ta séance, le .tournai des Débats et Décrets est beaucoup plus complet que le Moniteur.