‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 121 sur 246 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

« commune et les sections de Paris, de prendre con- » naissance de tous les complots tramés contre la liberté « dans l'intérieur de la République. Elle entendra les « ministres de l'intérieur et des affaires étrangères, les » comités de sûreté générale et de salut public, sur les « faits venus à leur connaissance, relatifs aux conspi- (i rations qui ont menacé la représentation nationale, et « prendra toutes les mesures nécessaires pour se procu- « rer les preuves de ces conspirations et s'assurer des « personnes des prévenus.

« Les membres nommés à cette commission seront « tenus d'opter dans vingt-quatre heures, s'ils sont « membres d'un autre comité, et seront remplacés par « leurs suppléants dans le cas où ils n'accepteraient « pas l. »

iy.

La séance du dimanche 19 mai se passa sans incident remarquable;- il n'en fut pas de même de celle du lundi 20.

Rame! Nogaret, au nom -du Comité des finances,

4. Il est à remarquer que d'ordinaire les décrets qui ordonnaient Ja création do commissions nouvelles ne contenaient pas.de dispositions semblables à celles de ce dernier paragraphe. Celte innovation est une preuve de l'importance que l'Assemblés attachait à la création de la commission des Douze, puisqu'elle voulait que les membres qui eu feraient partie abandonnassent toute autre mission pour consacrer leur temps à l'œuvre de sûreté publique qui allait être entreprise, hélasl trop tardivement.

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avait présenté le projet d'un impôt progressif sur tous les citoyens ayant plus de 600 livres de rente. Cambon proposait d'y substituer un emprunt forcé d'un milliard à prélever sur les riches. Au moment où Barbaroux monte à la tribune pour combattre la motion du financier de la Montagne, des cris : « A bas ! à bas ! » partent des galeries, et recommencent toutes les fois que le député marseillais essaye de se faire entendre. Force lui est donc de renoncer à la parole et de retourner à sa place. Une vive indignation se manifeste dans une grande partie de l'Assemblée.

Mais Marat ne voit dans ces désordres incessants qu'un sujet de plaisanterie. « Que signifie, dit-il , cette terreur panique à l'aspect de quelques mouvements d'improbation excités par des femmes? L'expérience aurait dû en guérir la Convention. Depuis deux ans, on entend vos lamentations, et vous n'avez pas une égrattgnure à montrer à vos commettants. »

« — Sommes-nous libres, oui ou non? s'écrie un membre de la droite. Quant à moi, je déclare que, depuis trois mois, je ne le suis pas. Comment pourrait-on se croire libre en entendant chaque jour les vociférations, les cris, les insultes, les menaces des tribunes? »

« — ■ L'homme courageux est toujours libre, ajoute Boissy-d'Anglas ; mais le salut public est attaché au respect pour la Convention nationale. Le moyen le plus sûr de la faire respecter est de poser une loi sévère. Je demande qu'au premier murmure des citoyens d'une tribune, elle soit évacuée à l'instant. 3e demande que le maire et le commandant général soient mandés pour

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