‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 123 sur 246 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

de nommer elle-même les membres qui devaient la composer. Cette élection eut lieu le 20 au soir. La liste présentée par la Gironde passa tout entière à une grande majorité. La Plaine , toutes les fois qu'on procédait au scrutin, assurait la victoire à la droite. Malheureusement il n'en était pas toujours de même lorsque l'on votait par assis et levé. Sept des Douze appartenaient à la Gironde proprement dite : Boyer-Fonfrède, Rabaut- Saint-Etienne, Kervélegan, Boileau, Mollevaut, Henri Larivière, Bergoeing. Quatre autres étaient d'une nuance moins tranchée : Saint-Martin Yalogne, Gomaire, Bertrand (de l'Orne), Gardien. Enfin le dernier, Yiger, siégeait depuis quelques jours seulement à la Convention. On l'avait choisi justement à cause de cette position neutre que lui donnait sa récente arrivée *.

Aussitôt qu'ils ont avis officiel de leur nomination, les Douze se rassemblent; ils annoncent, par une lettre adressée au président de la Convention, qu'ils acceptent . la mission dont la confiance de l'Assemblée les a honorés. Ils font afficher dans Paris le décret du 1S, suivi d'un appel à tous les citoyens de la capitale et des départements, pour qu'ils aient à transmettre à un des membres de la Commission les renseignements qu'ils pourraient avoir sur les complots tramés contre la Convention.

1. Nous avons retrouvé la minute du procès-verbal de dépouillement du scrutin auquel donna lieu la nomination de la commission des Douze; le nombre des volants était de 325, Fonfrède est a la tète de la liste avec 197 vois. L'avant-dernier, Bergoeing, en a 175. Gardien n'en o que 404. Viennent ensuite les candidats de la Montagne, qui ne réunissent que 98 à 63 voix. Les principaux étaient Meaulle, Levasseur(delaSarLhe), Ricord etMalhieu.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Au bas de cette affiche, ils apposent leur signature et indiquent leur adresse, se présentant ainsi à découvert aux poignards des assassins.

Lès séances des 21 et 22 niai furent assez paisibles. On s'y occupa exclusivement de la Constitution et des matières de finances.

Le 23, une nombreuse dépulation de la section de la Fraternité se présente à la barre. Comme trois jours auparavant, eile a à sa tète l'intrépide Royer-Collard , qui dénonce courageusement les réunions que semble protéger la Commune, et dans lesquelles s'élaborent les projets les plus sinistres- Aux ternies du procès-verbal dressé par la section de la Fraternité, les conciliabules se tiennent à la mairie; ils sont présidés tantôt par un administrateur de police, tantôt par le maire. La section avait envoyé des commissaires à celle réunion, sans savoir quel en était le but. D'après le rapport de ces commissaires, les assemblées tenues dimanche 19 mai et lundi 20, et composées de délégués des comités révolutionnaires, ont agité de làire une journée du 10 août, qui serait suivie d'un 2 septembre; on devait arrêter, à un jour et une heure convenus, vingt-deux membres de la Convention, les égorger, et publier ensuite qu'ils avaient émigré. A la vérité, dans la séance de lundi, le maire, qui présidait ce jour-là, s'était opposé à ce que ces propositions fussent reproduites, et avait déclaré qu'il romprait l'assemblée si elles étaient mises en délibération. La section a arrêté que ce procès-verbal serait apporté par une députâtion à ia Convention nationale, imprimé et envoyé aux. quarante-sept autres sections, et qu'expé-

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