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Convention n'attend pas sans doute de moi que je réponde au roman de Marat. Elle a assez de fois exprimé son opinion sur les calomnies de ce personnage pour que je descende à une justification. Marat' a annoncé qu'au Comité de sûreté générale se trouvait un billet de ma main adressé le 21 à l'un de mes collègues, Lacaze. Ce billet, par une infidélité qui n'est pas rare aujourd'hui, a été arrêté, décacheté et porté à la section de Marat. Ce billet, je l'avoue, je le reconnais ; j'en ai écrit trente-huit à quarante pareils; ce billet est ainsi conçu : a En armes à la Convention à dix heures précises du malin ; je vous somme d'avertir le plus grand nombre possible de vos collègues. Couard qui ne s'y trouve pas. » Mon crime est avoué, il ne me reste plus qu'à vous en déclarer le motif. La section de la Fraternité vient de vous le donner. On m'avait annoncé que des scélérats devaient venir le jour même demandera la Convention l'arrestation de trente-trois députés. Cette pétition devait être soutenue par des hommes armés.. J'avertissais mes collègues de se mettre en garde pour eux-mêmes et pour la Convention.
« J'ajoute à ma déclaration que plusieurs de mes collègues, animés de l'amour le plus pur de la patrie, se rendent habituellement chez moi. Certes, vous ne voudrez pas me défendre des conférences amicales, surtout quand elles ont pour but de déjouer les trames ourdies par de vils calomniateurs *.
\. Depuis longtemps les réunions qui se tenaient chez Valazé étaient surveillées par la police de la commune. Nous avons retrouvé un rapport, en date du 27 janvier 4793, qui en est la preuve. Naturel-
254 HISTOIRE DE Lk TERREUR.
Lacaze joint sa déclaration à celle de son ami : « Le billet dont il s'agit ne m'est point parvenu. Cela ne m'a point empêché de venir à l'Assemblée avec des pistolets. Je le ferai toujours quand des scélérats menaceront mes jours. Pour avoir ce billet, on a eu l'infamie de corrompre le portier de ma maison. Au reste, je ne crains pas que Ton examine ma correspondance; on n'y verra que les sentiments d'un bon citoyen. »
Buzot ajoute de nouveaux faits à ceux qui ont déjà été dénoncés par la section de la Fraternité. « S'il ne se fût agi dans cette occasion, dit-il, que de la sûreté de quelques personnes, nous ne viendrions pas provoquer des mesures de sûreté générale, nous saurionsbien repousser les agressions; mais il s'agit du salut de la Représentation nationale; il faut avoir recours à de grandes mesures, il faut les décréter d'ensemble. Pour cela, il faut qu'elles soient précédées d'un rapport de votre Comité des Douze. Je dois néanmoins dès à présent vous révéler les faits qui sont à ma connaissance. Dimanche, a minuit, le complot devait éclater; les conspirateurs étaient reniement cette surveillance devint de plus en plus active, a mesure que les événements se préci pilaient. Nous voyons, par la déclaration faile ici par Yalazé, que ces réunions comptaient une quarantaine d'adhérents. Dans l'interrogatoire qu'il subit la veille de sa comparution au Tribunal révolutionnaire, Valazé minime quinze dct députés qui assistaient habituellement à ces réunion:; : c'étaient Lacaze, Duprat, Brissot, Gensonné, Duperret, Hardy, Buzot. Barbaroux, Guadet, Salles, Chambon, Lidon, Bergoeing, Lesage (d'£ure-et-Loire), MoHevauIt; les sis premiers péri rent avec Valazé sur l'échafaud du 31 octobre ; six autres périrent en province par l'assassinat, le suicide ou l'échafaud ; seuls, les trois derniers échappèrent à la proscription, et furent plus tard réintégrés dans leurs fonctions conventionnelles.
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nis dans une salle de la mairie; l'Assemblée était convoquée parune lettre du maire de Paris; maisil n'était pas présent. C'est peut-être la cause du retard apporté à l'exécution. Le président de la section de 1792 voulut faire quelques observations, il fut chassé; on s'aperçut que le commissaire de la section de la Fraternité prenait des notes, il fut également chassé; mais, après ces expulsions, on craignit que les deux membres que l'on venait de mettre à la porte ne fussent indiscrets et on s'ajourna au lendemain. Lorsque la commission des Douze aura fait son rapport, je me réserve de faire connaître mon opinion sur Pache et sur Chaumette, sur Chaumette qui a osé dire à la Commission qu'il n'avait jamais été question de conspiration. Sachez-le bien, il faut faire périr par le glaive des lois les traîtres qui vous environnent, ou succomber vous-mêmes sous les coups qu'ils vous porteront. »
Un Montagnard confirme les déclarations des Girondins; il ne peut être suspect : c'est Cambon, et c'est au nom du Comité de salut public qu'il parle. « Avant que la commission des Douze ne fût établie, le Comité de salut public avait été informé du complot ourdi contre la Convention. II n'y a pas un de ses membres qui n'ait frémi de l'atteinte qu'on voulait porter à la Représentation nationale. Ce Comité écrivit une lettre très-pressante au maire de Paris; dix minutes après, celui-ci s'était rendu à nos ordres. Suivant sa déclaration , les présidents des comités révolutionnaires des sections de Paris s'étaient assemblés chez lui dimanche dernier. 11 n'avait pu se rendre à cette réunion, parce qu'il était
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occupé au Conseil général. Ce jour-là on agita la question de la formation de la liste des gens suspects. Sur la liste qui avait été donnée, se trouvait une partie des membres de la Convention; mais on s'ajourna , parce que le maire n'était pas présent. Le lundi, le maire se transporta à la réunion, et, quelques individus ayant renouvelé les motions de la veille, le maire déclara qu'il s'opposait avec la plus grande énergie à leur adoption. Le Comité de salut public avait, ainsi que le Comité de sûreté générale, reçu la dénonciation contre Valazé; mais, pour ne pas renouveler de malheureuses discussions, il avait engagé Ma rat à ne pas vous en entretenir. »
« — On a annoncé à la commission des Douze, dit Fonfrède, que les chefs des brigands qui veulent attenter à la Représentation nationale ont en portefeuille une correspondance fabriquée par eux. Cette correspondance est censée être adressée par Pttt aux députés qu'on devait accuser, et que l'on espère bien encore faire assassiner. » -
Legendre lui-même parle dans le même sens que Cambon ; il demandé que la Convention rende tous les présidents de sections et de sociétés responsables des motions faites par des hommes égarés, s'ils ne les rappellent pas à Tordre et ne les livrent pas aux, autorités constituées.