‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 171 sur 246 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

blée aille se joindre à la force armée qui est sur la place et se mette sous sa protection, »

Si la motion eût été comprise par la droite et par les centres, cette démarche, qui fut tentée sans succès deux jours plus tard, pouvait sauver l'Assemblée. D'un seul coup elle avait lé double effet de la soustraire à l'effroyable pression des émeu tiers,, et de consacrer au profit de la Convention le droit de réquisition immédiate de toute la force armée de Paris el des départements.

Malheureusement Vergniaud n'est suivi que de quelques députés. La stupeur cloue la majorité à sa place. « Je demande l'appel nominal, s'écrie Chabot, afin de connaître les absents. » Mais Robespierre est à la tribune1. <i Citoyens, dit-il, ne perdons pas. ce jour en

4. La seconde dépêche des délégués de la Commune qui relaie cet incident, est ainsi conçue :

« Citoyens Frères et amis,

« Le département de Paris, accompagné de plusieurs membres des municipalités de ce département, vient de Taire lecture à la barre de la Convention nationale d'une adresse pleine d'énergie et de courage. L'orateur de la députa lion (Lliuillier, procureur général-syndic du département, dont le patriotisme vous est connu), après avoir développé les principes que nous professons tous, ceux de la liberté et de l'égalité, a rappelé £t la Convention l'attentat commis par Isnard à la loyauté des braves Parisiens dans les moments de sa présidence, il a rappelé les forfaits dont s'est rendue coupable la commission des Douze, et l'indignation que ces individus s'étaient attirée de la part de tous les braves patriotes de Paris, fl a conclu par demander le décret d'accusation contre ces individus qui avaient sans doute médité la perte de Paris. Lebrun, ministre des affaires étrangères, el Clavière, ministre des contributions .publiques, sont compris,

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vaines clameurs et en mesures insignifiantes; » et, jetant un regard dédaigneux sur Vergniaud, qui en ce moment rentre dans la salle avec les quelques amis qui l'ont suivi, « ne nous occupons pas de la fuite ou du retour de ceux qui ont déserté leur poste. Occupons-nous du décret qui vous est proposé. J'adopte la suppression des Douze; mais cette mesure est-elle suffisante pour contenter les amis inquiets de la patrie? Non : déjà cette commission a été supprimée et le cours de ses trahisons n'a pas été interrompu, car le lendemain on a osé rapporter le décret salutaire qui avait été rendu, et l'oppression a pesé sur la tête des patriotes. Supprimez donc celle commission; mais en même temps prenez des mesures vigoureuses contre les membres qui la composent. » Robespierre s'élève ensuite contre l'idée de méttre la force armée à la disposition de l'Assemblée. De son argumentation, pleine de rélicences, se dégage cependant un aveu précieux dans la bouche du grand prêtre de la démagogie, c'est que si on reconnaît à la Convention le droit de requérir directement ta force armée, on remet, par le fait, la toute-puissance entre les mains de la Gironde. Celle-ci, en effet, ne disposet-elle pas de l'Assemblée?

Nous retrouvons bien là, formulée en principe, la-

comme vous devez le penser, dans la demande du décret d'accusation.

« La Convenlion nationale a sur-le-champ ouvert la délibérationsur l'objet de celle péti.ion ; Robespierre l'aîné parle dans ce moment sur le même objet; nots vous ferons part du résultat de cette délibération aussitôt qu'elle sera terminée. »

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