‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 22 sur 246 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

nant le nom sacré de la patrie qu'ils aspirent en secret à redevenir un jour vos maîtres-

« Voyez Égalité fils! il fut comblé des faveurs de la République; il était né du sang de vos tyrans, et malgré cette tache d'infamie, il commandait vos armées. Eh bien ! il conspire, il fuit, il passe à l'ennemi. Rendons-en grâce au génie qui veille sur la République , il nous éclaire enfin et nous trace nos devoirs.

« Tandis qu'on conspirait au Nord, que va faire cet autre Egalité au Midi, dans l'armée du Var? Est-ce dans les mains d'un nouveau général un nouvel instrument d'ambition?

« Les traîtres qui servaient cette famille h laquelle nous avions livré, par je ne sais quel aveuglement, nos flottes et nos armées, ont conduit nos collègues à Maastricht; ils.sont au pouvoir des rois nos ennemis.

« Citoyens, les princes, au moins pour les forfaits, son! tous parents; conservons donc tous ces Bourbons en otages. Et si les tyrans qu'est allé rejoindre Égalité, auxquels il a livré nos collègues, osent, au mépris du droit des gens, porter sur les représentants du peuple français un fer assassin, que tous ces Bourbons soient traînés au supplice; que leurs têtes roulent au pied de l'échafaud; qu'ils disparaissent de la vie comme la royauté a disparu de la République, et que la terre de la liberté n'ait plus à supporter leur exécrable existence. »

De .tous les côtés on crie : « Aux voix] » La proposition est décrétée d'enthousiasme. L'exemple est donné, plusieurs députés tiennent à se signaler par des motions nouvelles.

Makibon - Montaut. — « Si te décret, que vous avez rendu précédemment contre le général Égalité, ne peut plus avoir son effet, puisqu'il est en fuite, il peut recevoir son exécution dans la personne du jeune Égalité, employé à l'armée du Var. On pourrait faire de ce jeune homme un nouvel instrument de conspiration ; je demande qu'il soit amené à Paris, pour y être gardé comme otage. »

Lacroix. — « Je demande que les femmes et les enfants soient compris dans ce décret. »

Dei.aunay. — « Je demande que les prisonniers ne restent pas à Paris. »

Lasource. — « Mais il faut avant tout décréter que les Boiirbons qui sont au Temple y resteront. Ces otages ont assuré vos têtes. Si les malveillants n'avaient pas craint de voir tomber celles-là, ils auraient déjà attaqué les vôtres. Je demande que le Comité de salut public soit chargé d'indiquer le lieu oit seront conduits les autres Bourbons. »

Dupbat. — « Rappelez-vous, lorsqu'il y a trois mois il s'est agi d'expulser les Bourbons, des citoyens se sont répandus dans les sections et y ontfomenté des troubles pour nous empêcher de rendre le décret. Après son adoption, les tribunes nous violentèrent pour le rapporter *. Je .demande que Paris et Marseille, qui se sont montrés également patriotes, partagent la garde de ces otages précieux. Égalité a beaucoup d'amis à Paris; il

\. Voir t. Y, p. 26'î el suivantes, le récit des scènes auxquelles donnèrent lieu les premières motions girondines poutTexpuliion des Bourbons.

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