LE GÉNÉRAL KELLERMANN ET LES COMMISSAIRES DE LA CONVENTION
( Voir page 85.)
Hérault aux citoyens Legendre, Basire et Rovèrc , commissaires à Lyon.
« Chambéry, le 10 avril.
h Chers amis et collègues, « Après l'événement du traître Dumouriez, il est permis de ne rien ménager; je n'ai encore aucune preuve positive; mais Kellermann nous est suspect ainsi qu'aux vrais palriotes. Son état-major n'a pas l'air de valoir mieux. Je vous envoie quelques pièces d'après lesquelles vous jugerez. Boutidoux; son homme, reste ici, quoique interdit de la place de commissaire général de l'armée des Alpes que Kellermann lui avait obtenue de Beurnonville et dans laquelle nous avons maintenu le patriote Alexandre. Ce Boutidoux a présenté hier au général un mémoire aussi fou que dangereux et dérisoire; je vous l'envoie, il semble qu'il y ait vn projet de n'avoir que tics troupes de ligne et de décourager les volontaires. Kellermann, que j'avais forcé à se prononcer dans la solennité, où j'ai demandé qu'on lut à l'armée le décret, et où j'ai adressé aux soldats quelques discours qui ont été suivis d'un véritable enthousiasme pour la République et la liberté, n'a jamais rien voulu dire quiprouvâl
aulhe.)! tiqmme.nl qu'il désavouerait Dumouriez. Tout cela nous effarouche; s'il bronche, nous sommes ici quelques patriotes qui lui brûlerons la cervelle.
« Kellermann envoie un courrier à Paris, il doit être important. Comme nous sommes fert poliment ensemble, et qu'il a même des formes caressantes, il m'a fait prévenir qu'il envoyait un courrier à Paris; il me demande mes dépêches, je n'écris qu'à la Convention nationale: mais je remets à ce courrier une lettre insignifiante pour Rovère en le chargeant spécialement de la lui remettre. Ne veille;: pas moins à l'arrivée de ce courrier à Lyon ; faites-le arrêter et voyez ses lettres, et marquez-moi ce qu'il en est.
« Peut-être, comme les nouvelles qu'on a ici sont un peu moins mauvaises, au moins quant aux dispositions de l'armée, ces messieurs de chez nous auront modifié leur plan et mis de l'eau dans leur vin. Faites, pour la confiance dont nous avons encore besoin pendant quelque temps auprès du général qui a besoin d'être étudié, que cette arrestation de courrier vienne de vous et non pas de nous.
« Simond est à quelques lieues d'ici ; je vous embrasse pour lui et pour moi.
« Hérault. »
Rovère, Legendre et Basire, commissaires de la Convention nationale à Lyon , à la Convention nationale.
« Lyon, ce 11 avril, l'an 2< de la République française, à une heure après midi.
« Citoyens nos collègues , « Sur les avis très-sérieux qui nous avaient été donnés des dispositions liberticides de quelques-uns des machina tenrs envoyés par lïeurnonville dans l'armée- de Kellermann, et notamment de la proposition formelle qui a été faite à ce général par M. Boutidoux de marcher sur Paris à la tête de six mille hommes, que cet intrigant se flattoit d'y faire arriver sur le soir du dixième jour, nous avons cru devoir faire oriêler deux de ses courriers dont nous avons scrupuleusement examiné les dépêches, lien résulte que Kellermann ne veut plus être environné
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
NOTES