‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 226 sur 246 · LE GÉNÉRAL MARCÉ · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL MARCÉ

Le général Marcé fut la première victime des injustes accusations dirigées par les troupes indisciplinées de la République contre les chefs qui commandaient en Vendée. Ce général comptait quarante-huit ans de services; il avait été fait maréchal de camp en 1788 et général de division en 1791 ; il commandait la division de la Rochelle en mars 1793. C'est de là qu'il partit avec cinq cents hommes et deux pièces de canon pour marcher contre les paysans révoltés du bas Poitou. La première rencontre eut lieu le 17 mars, et fut favorable aux républicains.

Le surlendemain 19, la petite armée de Marcé se trouve de nouveau en présence de l'ennemi et demande à grands cris l'ordre de l'attaquer, bien qu'il soit trois fois plus nombreux et qu'il occupe une position très-forte. Aux premiers coups de canon, Marcé est abandonné par la plus grande partie des siens, il n'a plus autour de lui que quelques grenadiers et chasseurs de la troupe de ligne ; ses deux fils sont à ses côtés. Cette poignée d'hommes intrépides se battent en désespérés- Les habits vil. 32

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du général sont criblés de balles ; son cheval est blessé ; enfin la retraite s'effectue à grand-peine jusqu'à la Rochelle. En y arrivant, le général est mis en arrestation par ordre des représentants du peuple. Pendant neuf mois, il est renvoyé d'un tribunal à l'autre, et enfin traduit le 9 pluviôse an u au Tribunal révolutionnaire de Paris. Là, après un débat dérisoire,. Dumas pose aux jurés les questions suivantes, qu'ils étaient, il faut en convenir, bien peu propres à résoudre :

« Est-il constant que, dans les journées des lit au 19 mars dernier, dans différents lieux du département de la Vendée, il a été pratiqué des manœuvres tendant à favoriser la révolte et les progrès des révoltés dans ce département?

« Louis- Henri -François Marcé, né à Chinon, domicilié à Chisey, département d'Indre-et-Loire, ci-devant général de la 12e division de l'armée de l'Ouest, est-il convaincu d'avoir été l'auteur de ces manœuvres, en ne donnant aucun ordre pour la formation des troupes en corps d'armée; en laissant les troupes sans subsistances et en les privant à dessein, en affectant plusieurs fois de faire battre la générale au moment de manger la soupe; en ne faisant dans aucune circonstance, même dans le danger, aucune disposition pour l'attaque et la défense; en arrêtant, à la journée du 15, au bivac, à Pont- Charron, les troupes qui devaient attaquer l'ennemi qui égorgeait les patriotes à Ghantonnay; en ménageant les ennemis à la journée du 17; enfin, à la journée du 19 , en engageant les troupes dans des positions et dans un ordre perfide, en enchaînant dans ces positions les troupes en présence de l'ennemi , en ne donnant aucun ordre dans l'action , en refusant, à l'entrée de la nuit, d'ordonner une retraite devenue nécessaire; en abandonnant par une fuite lâche et criminelle les troupes en désordre et l'artillerie exposée; ce qui a fait perdre s la République de généreux défenseurs et a procuré aux révoltés des progrès monstrueux.

« La déclaration des jurés est affirmative sur des deux questions.

« Dumas, président; Pesme, commis-greffier. » Marcé fut condamné à mort et exécuté le même jour.

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NOTES

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