LETTRE DE BILLAUD -VARENNES ET DE SEVESTRE A LA CONVENTION
Les députés Commissaires dans le département de Villeet-VUaine, à la Convention nationale i.
« Le 30 mars an u de la République française.
« Citoyens nos collègues, « Arrivés à Redon, un des chefs-lieux de la coalition, nous avons cru qu'il n'y avait pas un moment à perdre pour attaquer les rebelles, quoique nos forces fussent peu considérables, et que les leurs, à la vérité très-exagérées, nous parussent trèsimposantes. Heureusement l'expédition a eu un entier succùs: tous les postes occupés par les séditieux sur les bords de la Vilaine ont été enlevés, et les passages rétablis. Nous devons les plus grands éloges aux braves gardes nationales de Rennes, ainsi qu'à l'intelligence et à la valeur de l'adjudant. général Beysser, chargé par le département de l'Ille-et-Vilaine de conduire cette opération militaire. La veille de l'action, il avait sommé les révoltés de mettre bas les armes dans le délai de trois heures, sous peine de voir brûler et raser le village de Saint-Pereux. Pour réponse, on avait menacé l'officier porteur de ces ordres de faire feu sur lui, s'il ne se retirait sur-lechamp. Les séditieux, couverts par un retranchement près de
1. Ce document, que nous croyons inédit, complète les renscigncmcnls * que l'on trouveu dans les lettres écrites par les mêmes commissaires, aux (îatos des 22 et 23 murs, et iiisérues dans les n"' 85 et 8G du Moniteur.
l'église, ont d'abord tiré quelques coups de fusil sur les premiers bateaux de débarquement; mais le feu de deux pièces de canon de 4 les a bientôt débusqués, et quand nous sommes descendus, nous avons trouvé la place entièrement déserte. Deux rebelles ont été tués dans cette affaire et un a été fait prisonnier. En arrivant, le soldat, dans son premier transport, mit le feu à deux ou trois maisons. Cet exemple terrible a produit un effet très-utile, car les séditieux, éclairés dans leur fuite par l'embrasement de leurs repaires, ont jeté l'alarme dans leurs autres retranchements, qui ont été évacués dès la même nuit; et toutes les campagnes des environs, également frappées d'épouvante, se sont empressées de rentrer dans le devoir. A chaque instant elles viennent reconnaître leur erreur et nous demander grâce. Toutes les municipalités insurgentes nous ont dénoncé les chefs et les agents de cette affreuse conspiration, et déjà il y en a un grand nombre d'arrêtés, et qui vont être livrés au bras vengeur de la justice.
« Nous avons donc la satisfaction de vous apprendre, citoyens nos collègues, que maintenant l'ordre et la paix sont presque entièrement rétablis dans le département de ]'llle-et-Vilàine. Mais après avoir dissipé et soumis les rebelles, il est d'une sage politique de les contenir assez pour qu'ils ne puissent ni se rallier ni se lever de nouveau , en supposant que les Anglais, voulussent essayer de faire une descente sur nos côtes. En conséquence, on va distribuer des troupes en garnison dans les endroits connus pour être infestés de fanatisme et d'aristocratie. Nous avons également pensé qu'une mesure essentielle pour prévenir tout soulèvement était le désarmement entier des communes révoltées et des mauvais citoyens dénoncés comme tels dans les endroits restés dans la subordination. !Nous avons aussi voulu profiter de la circonstance impérieuse de cette malheureuse sédition pour presser le recouvrement des impositions, et surtout pour hâter le recrutement, en ordonnant qu'il serait complété dans vingt-quatre heures par les communes rebelles. Ces dispositions sont l'objet de l'arrêté que nous vous adressons, avec celui relatif aux changements qui nous ont paru nécessaires dans la composition du district de Rhedon, ville où l'on compte à peine trente patriotes, et où
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NOTES
nous avons trouvé, sous les yeux mêmes de la municipalité, des couvents de religieuses conservant encore leur costume.
« Une lettre du département des Côtes-du-Nord nous apprend aujourd'hui qu'il ne s'est formé sur son territoire qu'un seul attroupement considérable entre Monconlour et Lamballe, Le district de Lamballe y a envoyé un détachement qui a dissipé les révoltés, qui en a tué quarante et fait vingt-cinq prisonniers. Le même département nous fait part que les districts de son arrondissement fournissent leur contingent sans difficulté. Pour achever de rétablir la tranquillité publique, nous avons dû réunir aux moyens de répression le langage de la persuasion et de la clémence. C'est dans cette vue que nous avons fait une proclamation adressée aux habitants des campagnes, pour leur démontrer leur égarement, les rappeler à leur devoir et les inviter, conformément au décret du 19 mars, à rentrer sous vingt-quatre heures dans leurs foyers, avec l'assurance d'y revenir sans inquiétude, en se tenant désormais paisibles et soumis aux lois.
« Nous sommes, citoyens nos collègues, avec fraternité,
« Sevestre, Billaud-Varennes. »
LETTRE D'UN OFFICIER DE LA GARDE NATIONALE DE LA ROCHELLE A SON PÈRE, MEMBRE DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA COMMUNE DE PARIS.
Cette lettre nous parait donner une idée assez exacte de l'état des esprits dans les communes patriotes, et des tristes et sanglantes représailles auxquelles on se croyait obligé pour punir les meurtres commis par les Blancs. C'est pourquoi nous la donnons in extenso.
« La Rochelle, le 25 avril 1793.
»< Mon papa,
■i Je suis arrivé d'hier au soir bien fatigué, bien harassé, de l'année de la Vendée, commandant en chef un détachement
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qui escortait des boulets, mitrailles, cartouches et toutes sortes de munitions de guerre destinées pour Fontenay.
« Arrivés là, nous avons rejoint l'armée; elle fait des progrès et les succès les plus rapides. A maconnaissanceetà celle des chirurgiens de l'armé» de Boulard, bon patriote et officier humain et intelligent, nous n'avons que vingt-cinq hommes de blessés , qui sont venus ce matin ici , et, de brigands reconnus morts sur le champ de bataille, sans compter les guillotinés et prisonniers, ils sont dix-sept cents hommes sur le carreau. Ces impitoyables fanatiques ont égorgé trois cents patriotes à Machecoul ; femmes, enfants, malades, vieillards, tous ont été assassinés dans leurs maisons et dans leurs lits. On ne voyait devant les portes que les tristes restes de l'humanité, hachés à coups de sabre et jetés ça et là par morceaux. On a vu se renouveler les actes de barbarie dont les sauvages sont à peine capables dans les fcrêts de l'Afrique, arracher le cœur des malheureuses victimes pour les mettre dans les dents de ces derniers.
« Ces gueux-là montent la tête haute et fière à l'échafaud. On a guillotiné aux Sables;, avant-hier, deux capitaines, un lieutenant, un caporal, un sergent, un chirurgien, un cantinier, un maire et son fils, un juge de paix et des officiers municipaux de la bande de ces coquins-là, qui avouèrent au supplice avoir trempé leurs mains dans le sang des malheureux patriotes de Maehecoul. Dans tous nos environs on guillotine par douzaines. Nous ne nous lassons pas de tenir ferme, mais on voudrait que la Convention établît un tribunal révolutionnaire pour faire jouer la guillotine.
« Nous attendons six mille hommes qui se réuniront avec d'autres ici pour faire le siège de Noirmoutiers, qui est le principal et le plus gros noyau où les révoltés sont en force. Nous avons appris à l'armée qu'un scélérat de député àvait;fait la motion de faire retirer des Sables la garnison de citoyens qui y sont au nombre de trois mille, osant dire impudemment que les troubles ne sont plus dans ces parages, tandis que les brigands voudraient tenter de prendre cette ville, et au contraire, d'ici nous allons peut-être marcher pour fortifier encore des pères de famille de nos enviions qui sont aux Sables. Ici tout
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NOTES
travaille aux fortifica lions, aux remparts et à la sûreté de la ville et de la chose publique. Chose admirable et digne d'un peuple qui aime sa liberté! dès que la générale bat, le citoyenquitte la pioche, la pelle, prend son sac, son fusil , son sabre et sa giberne, et attend l'ennemi de pied ferme. Voilà notre position et notre conduite, et qu'en bons républicains on nous juge à la Rochelle, officiers comme soldats. Tous les cinq jours on est de garde, et le service s'y fait avec rigidité et grande union.
« Arnaud. »
nomination de hossis , momoro et autres , en qualité de commissaires du pouvoir exécutif près les armées de. l'ouest.
Les commissaires du pouvoir exécutif envoyés dans l'ouest furent le fléau de ces contrées. Les patriotes honnêtes s'indignaient eux-mêmes des choix qu'avait faits le gouvernement. M. Louis Blanc (tome VIII, page 3^1) trace, d'après les notes laissées par Mercier-Durocher, administrateur du département des Deux-Sèvres, une peinture lamentable des désordres queprésentait l'état moral de l'armée républicaine, rendez-vous de tons les roués révolutionnaires de Paris, Ronsin, Momoro et consorts.
Nous avons retrouvé les actes de nomination de ces individus et nous les donnons ici. Nous appelons spécialement l'attention de nos lecteurs sur la pièce concernant Momoro et Damesme, Il n'est pas difficile de comprendre que, dans cette circonstance, le pouvoir exécutif eut la main forcée par les meneurs de l'Hôtel de ville, qui, d'avance et de leur autorité privée, avaient fait celle nomination complètement en dehors de leur compétence. Mais ils n'y regardaient pas de si près ; ils étaient sûrs d'être obéis, quelque chose qu'ils crussent devoir ordonner.
Comité de Salut public.
Présents : Guyton, Barère, Cambon, Bréard, Delmas, Lacroix, Lindet.
Séance du 7 mai, aù matin. ■
« Sur le récit fait par le citoyen Goupilleau, représentant «lu peuple, l'un des députés près de l'armée des côtes maritimes de l'Océan, que l'armée n'est point organisée, qu'il n'y ti point d'administration, que les bataillons et les différents corps mis en mouvement vont s'y rendre, qu'il est urgent d'organiser l'administration des subsistances, munitions et approvisionnements; que le citoyen Ronsin, adjoint au département de la guerre, est peut-être l'un des citoyens les plus propres à monter un pareil établissement avec la célérité et le ■succès que l'on doit attendre, après en avoir conféré avec le ministre la guerre;
« Le Comité a arrêté que le citoyen Ronsin partira sans délai et se rendra dans les départements de l'Ouest pour organiser l'administration des subsistances, munitions et approvisionnements de l'armée de la réserve et des côtes de la Rochelle; qu'il donnera à cet établissement toute la stabilité en se concertant avec les représentants du peuple pour accélérer l'exécution des instructions qui lui ont été fournies par le Comité de salut public, et qui ont été décrétées par la Convention nationale; et qu'après qu'il aura pourvu aux dispositions nécessaires pour assurer les subsistances de l'armée, il reviendra reprendre son poste d'adjoint. »
Conseil exécutif provisoire.
.< 9 mai 1793.
« Le Conseil exécutif provisoire, considérant qu'il est nécessaire non-seulement qu'il soit instruit journellement par des correspondances certaines de l'état des départements qui sont en proie à la fureur des rebelles, mais même qu'il puisse connaître par le rapport de citoyens éclairés les mesures qu'il conviendrait de prendre;
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NOTES
« Considérant que les dispositions déjà faites pour remplir ce double objet sont insuffisantes par rapport à l'étendue qu'embrassent les forces des rebelles et à leurs progrès effrayants;
« Considérant que l'envoi de plusieurs patriotes est encore nécessaire pour alimenter les principes républicains dans cesdépartements, et qu'enfin les citoyens Laclievardière, administrateur du département de Paris, et Minnier, officier municipal, réunissent toutes les qualités nécessaires pour remplir la mission dont il s'agit :
« Arrête qu'il sera expédié à ces citoyens une commissiondû. Conseil exécutif, en vertu de laquelle ils se transporteront dans les départements dont il s'agit, pour y observer ce qu'il convient de faire pour le maintien de la République, pour y communiquer avec le peuple et avec les autorités constituées,, et pour correspondre avec le Conseil et lui transmettre toutesles informations nécessaires.
« Clavière, Dalbaiiade, Lebruk, Garât, Bouchotte, Gohier. »-
« 11 mai 1703.
« Tous les ministres présents.
« Vu l'arrêté du département de Paris, en date de ce jour, et après avoir entendu les citoyens Lhuillier, procureur généralsyndic, et Lemit, administrateur du département, relativement à la proposition faite d'envoyer les citoyens Momoro et Da- ' mesme, administrateurs du département de Paris, dans les départements insurgés en qualité de commissaires;
« Le Conseil exécutif provisoire, considérant que cette proposition lui avait été présentée comme individuellement faite par ces citoyens et non comme délibérée par le département de Paris; considérant que, d'après les faits qui lui sont exposés, l'envoi de ces commissaires peut concourir à faciliter et à accélérer le recrutement, et qu'il est demandé par les citoyens; considérant que le directoire du département a pourvu au remplacement des citoyens Momoro et. Uamesme, tant dans le directoire que dans le conseil général, en sorte que le service public ne peut souffrir aucunement de leur absence ;
« ArrOte, après délibération, que le ministre de la justice fera expédier aux citoyens Momoro et Damesme des commis-
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sions semblables à celles qui ont été données aux citoyens Lachevardière et Minnier.
« Dalbakade, LEenuN, Gabat, Clavièke, Boucijotte, Goiiier. »
PROCLAMATIONS et autres pièces émanées des chefs des armées CATHOLIQUES ET DOTALES.
« De par le lïoi , « Nous, commandants des armées catholiques et royales, n'ayant pris les armes que pour soutenir la religion de nos pères et rendre à Louis XV1J, notre seul légitime souverain, l'éclat et la solidité de son trône et de sa couronne, désirant rétablir partout la paix et l'harmonie des cœurs, proclamons hautement que si, contre no.i bonnes et loyales intentions et -au mépris de leurs serments, les clubistes et tous autres perturbateurs du repos public venaient à reprendre les armes contre la religion catholique et contre leur roi, nous reviendrions les punir avec la plus grande sévérité. La manière dont nous nous sommes comportés à leur égard, doit les convaincre ■que là paix et la concorde sont l'objet de nos vœux, et que le bien général est l'unique but de nos communs efforts; déclarons en conséquence que nous prenons sous notre protection spéciale tous les amis de l'ordre et du bien public, attachés à leur religion et à leur roi, et même autorisons, an nom de Sa Majesté très- chrétien ne Louis XVII, messieurs les habitants des paroisses à former un conseil provisoire composé de membres connus par leur attachement i la religion catholique et au roi, dépendant du conseil supérieur d'administration provisoire, séant à Ghâtillon; dont l'emploi spécial sera de maintenir l'ordre et la police dans leur arrondissement, de faire désarmer toutes les personnes suspectes par leur attachement connu aux principes de la Révolution; de faire arrêter tous les voyageurs qui ne seraient pas munis de passe-ports signés des chefs des armées catholiques, du conseil supérieur ou des conseils particuliers des paroisses, et toutes les personnes, de quelque état et condition qu'elles soient, qui répandent des
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NOTES
nouvelles fausses ou alarmantes; d'exercer une administration provisoire conforme aux principes religieux et politiques que nous professons, et particulièrement de recueillir et conserver avec soin tous monuments publics, chartes, conlrats et autres titres de propriété qui auraient échappé aux suites malheureusement trop communes d'une guerre opiniâtre entre concitoyens. Protestons enfin que si, malgré la justice de notre cause, nos intentions étaient trompées, trahies par des hommes maintenant soumis à leur roi, nous cesserions alors d'user de clémence à l'égard de ces hommes devenus rebelles et parjures.
« Chûtillon-sur-Sèvres, le 1" juin 1703, Irt année du règne de Louis XVII. »
A MM. les officiers du Conseil provisoire du à
« A Cbàtitlou-sui'-Sèvres, le 9 juin 1703, l'an 1" du règne de Louis XVII.
« Messieurs,
« Le Conseil supérieur, jaloux de multiplier les moyens de communication avec tous les conseils des paroisses soumises aux armées catholiques et royales, et de leur faire parvenir plus sûrement tous les objets qui peuvent les intéresser, a pensé que rien n'était plus propre pour obtenir ces avantages que d'établir des chefs-lieux de correspondance dans les principaux endroits du pays conquis. Comme votre ville dalle dans son canton par ses foires et marchés, nous l'avons choisie pour un de nos points de centrante. Nous vous engageons en conséquence de nous donner la liste des paroisses qui vous entourent à une ou deux lieues à la ronde, avec lesquelles vous avez des relations plus fréquentes, et auxquelles vous vous chargeriez de faire parvenir les dépêches à leur adresse.
« Nous avons l'honneur d'être, messieurs,
«i Vos très-humbles et obéissants serviteurs, « Michel des Essarts, second président; « De La Rochefoucauld, doyen. »
«i De par le Roy,
« Nous, commandants des armées catholiques et royales, considérant que si la clémence et la douceur, qui sont un des premiers besoins comme un des premiers sentiments de nos cœurs, sont commandées dans une guerre entreprise contre des concitoyens égarés, et par la religion qui nous guide et par l'intérêt de notre cause, une juste sévérité n'est pas moins indispensable à l'égard cle ceux qui sans cesse opposent à noire conduite franche et généreuse une résistance opiniâtre et un acharnement sans bornes, proclamons hautement ce qui suit :
« Art. 1er. — A l'avenir, toute place qui sera emportée de vive force par les armées catholiques et royales sera rançonnée pour une somme égale au produit d'une année de ses impositions; et celles* au contraire, qui d'elles-mêmes auront arboré le drapeau blanc, seront préservées de tout dommage et auront droit à des secours, s'il y a lieu.
« Art. 2. — Toute ville qui, après avoir prêté le serment de fidélité à la religion catholique, apostolique et romaine, et au roi, reprendra les armes contre nous et replantera dans son sein l'arbre de la liberté, sera, lorsqu'elle retombera au pouvoir des armées catholiques et royales, livrée à une exécution militaire, et ceux qui seront convaincus d'avoir provoqué les habitants à la violation de leurs devoirs et de leurs serments seront responsables sur leurs têtes de tous les malheurs qui s'ensuivront; et ceux, au contraire, qui resteront fidèles à leur parole pourront compter sur notre assistance et protection spéciale, an cas de besoin.
« En foi de quoi nous avons apposé le sceau royal.
« Fait au quartier général de Saumur, le 15 juin 1793, an 1" du règne de Louis XVII.
ti De Bernard de Mahignï-, chevalier des Essarïs, de la
ROCHEJACQUELEW, LESCCT.E, DE DONKISSEK, CatheuNEAU, DE
Morgues, d'Elbée, Stopflet, de Beauvalliers l'aîné, de Langremere, de Bokguamps, Fleuriot de la Fruitière, chevalier de Fleuriot i Bernard, Péron, Tobhelet, de la Ville de Beaucé, de Boissy, chevalier, d'Autichamps réunis en conseil général. Dôby de Beauvais, secrétaire. »
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NOTES
ai 3
« De par le Roy et le Conseil supérieur d'administration.
« Le moment est venu où les Français attachés à la religion et soumis au roi doivent paraître et s'unir. Nos vœux tendaient à l'union, nos ennemis l'ont rompue et leur conduite la rend désormais impossible. Lorsque, après les avoir vaincus, nous usons à leur égard de clémence et de modération, les traîtres! ils trament dans le silence contre des vainqueurs bienfaisants, et le résultat de leurs infâmes projets est le massacre, le vol et l'incendie.
« L'unique moyen de prévenir de si grands forfaits et de mettre en sûreté la vie des Français fidèles à la religion et au roi, celle de leur femmes, de leurs enfants, et de conserver leurs propriétés, est une séparation entière et absolue entre nous et nos ennemis; ce sont leurs crimes qui nécessitent cette mesure ; les massacres du Busseau, l'indigne trahison de Parthenay, l'incendie du château de Clisson ne permettent plus de différer un seul instant.
« Loin de nous ces hommes faibles par caractère, indifférents par principes, qui attendent qu'un parti domine pour l'embrasser, et qui sont prêts à suivre le parti contraire lorsqu'il triomphe! Il fautoser se déclarer pour la causéoù l'on voit régner là justice. La neutralité serait un crime; on doit rompre ouvertement avec ses ennemis, les empêcher de pénétrer et de demeurer dans les pays soumis au roi, en chasser ceux qui, pour nous trahir, voudraient y séjourner encore.
« Toujours d'accord avec nous-mêmes, invariables dans nos principes de justice, nous mettons leurs propriétés sous la sauve garde de notre loyauté. Nous les assurons que, s'ils respectent les nôtres, nous respecterons les leurs, et nous les avertissons aussi que ce sera sur leurs biens que nous prendrons, par forme d'indemnité et de restitution, l'équivalent des pertes qu'ils auront causées aux fortunes des fidèles sujets de Sa Majesté.
<i En conséquence, le Conseil supérieur d'administration, séant provisoirement à Chàtillon-sur-Sèvres, sur ce ouï M. Carrière pour le procureur général du roi, a ordonné et ordonne ce qui suit :
vu. 33
« Art. 1er. — Tout Français, sans distinction, d'âge ni de sexe, qui ne veut pas soutenir la cause de la religion et demeurer soumis au roi, est tenu, dans le jour de la publication des présentes, de sortir du pays conquis par les armées catholiques et royales; il -lui est défendu d'y rentrer, sous quelque prétexte que ce soit, à peine de prison et de plus grande peine suivant l'exigence des cas.
« Art. 2. — 11 est défendu à tout-Français qui, à l'approche des armées catholiques et royales, aura fui du lieu de sa résidence pour se cacher en pays ennemi ou suivre les armées républicaines, de rentrer dans son domicile ni dans aucun pays soumis au roi, sous peine de prison et de punition exemplaire.
<i Art. 3. — Les biens meubles et immeubles des personnes comprises aux articles précédents demeurent sous la sauvegarde des armées;- il sera veillé à. ce qu'il n'y soit porté" atteinte.
« Art. U- — Les propriétés foncières et mobilières des Français fidèles sujets de Sa Majesté, situées dans les pays conquis ou qui ne le sont pas encore, demeurent sous la sauvegarde du droit des gens; dans le cas où elles seraient violées, dilapidées, incendiées ou autrement détruites et endommagées, les personnes qui auront fui le pays conquis, l'auront volontairement quitté ou en auront été chassées, celles qui seront connue» pour nos ennemies, en répondront sur leurs têtes et sur leurs biens.
<i Art. 5. — Les conseils particuliers et provisoires établis en chaque paroisse, et tous les bons Français, sont chargés de faire exécuter ces présentes. Le maintien en est spécialement recommandé à leur attachement à la religion et à leur fidélité au Roi.
« Fait en conseil supérieur à Châtillon-sur-Sèvres, Le 2 juillet 1793, l'an 1" du règne de Louis XVII.
« Gabriel, évèque d'Agra, président du Conseil supérieur; Michel des EssâBTS, second président; de la Rochefoucauld, doyen du conseil; Brih, doyen de Saint- Laurent; Berkieh, curé de Saint-Laud d'Angers; Bou-
RASSEAU DE LA ReNOLLIÈRES, ' BOUTILUERS DES H OM ELLES,
NOTES
Coudrayé, Michelin, Bode, Paillon, Le Maignan, Carrière, procureur général do Koi.
« Par le Conseil supérieur, u P. Iagault, secrétaire général. »
Comité créé par C armée calftolique.
« De par le Roi, « 11 est permis à Joseph Jaquou, prisonnier de guerre, de se retirer où bon lui semblera; prêtez-lui aide et assistance en cas de besoin.
« A Fontenay, le 30 avril 1703.
« Carrus, Robert Pichard de la Caillère. »
« Nous, commandant les armées catholiques royalistes, avons accordé le présent passe-port à M. Toussaint Rebellac, de l'Hérault, prisonnier renvoyé de Fontenai-le-Comte, pour se rendre audit lieu de l'Hérault, lequel a promis et juré sur son honneur de ne point reprendre les armas contre son roy, la religion catholique, apostolique et romaine, o A Fontenay-le-Comte, le 2î mai 1793, l'an 1" du règne de Louis XVII.
« Le comte de Marsancg. »
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