LIVRE XXXIV
et d'une partie des bois de Saint-Àmand; mais il est atteint d'un boulet de canon qui lui emporte la cuisse, et, deux jours après, il succombe à sa blessure.
C'est le 10 mai que la Convention apprend la mort glorieuse (le Dampierre; on demande pour lui les honneurs du Panthéon ; mais, sur la proposition de Bréard, on passe à Tordre du jour motivé sur ce « que tout Français qui meurt pour son pays vit à jamais dans la mémoire de ceux qui lui survivent *. »
La mort de Dampierre laissait vacant le commandement de la plus importante des armées de la République. Les représentants en mission à l'année du Nord, Cochon, Bellegarde, Dubois-Dubais et Briez invitent le Comité de salut public à leur envoyer un général expérimenté et lui font connaître que le vœu unanime de l'armée est en faveur de Custine.
Le Comité s'empresse de déférer à cette demande, et, par l'organe de Barère, annonce le 13 mai à la Convention qu'il a ordonné au conseil exécutif de prendre un arrêté appelant Custine au commandement de l'armée du Nord, et Houchard à celui de l'armée du Rhin.
Barère saisit cette occasion pour faire un éloge
1 . Sous le règne du roi Louis-Philippe, un monument a été érigé à la nïémoire du général Dampierre, à l'endroit môme où il était tombé sous le feu -de l'ennemi.
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pompeux du général de l'armée du Rhin, « qui seul a résisté à la manie diplomatique dont semblent animés tous les généraux de la République, et a su établir la discipline la plus sévère dans son camp. »
La Convention ratiBe l'arrêté du pouvoir exécutif, et, pour son malheur, Custine accepte. Peut-être eûtil encore pu, en restant en Alsace et dans le Palatiuat, pallier les fautes qu'il avait commises depuis trois mois; mais, lui parti, elles éclatèrent à tous les yeux. Ce sont ces fautes que nous avons maintenant à raconter.
L'armée prussienne, après avoir repris Francfort1, n'avait pas inquiété Mayence d'une manière sérieuse. Les rigueurs de l'hiver, jointes aux complications diplomatiques qui avaient surgi entre les puissances co partageantes de la Pologne, l'avaient condamnée à une inaction complète. Les Autrichiens avaient déjà recommencé les hostilités sur la Roer depuis plus de quinze jours, lorsque leurs alliés se décidèrent à attaquer la ligne de défense des Français sur la Nawe. Quelques jours après, le gros de l'armée prussienne passa le Rhin à Rheinfeld. Malgré plusieurs combats brillants que Custine et ses lieutenants livrèrent aux abords de Mayence, ils furent obligés de rétrograder au delà de celte ville, et 22,000 hommes s'y trouvèrent renfermés sans communication avec le reste de l'armée. Pendant ce temps, Custine, surpris au poste d'Oberflesheim, se défendait vigoureusement; mais, trop faible pour résister à un ennemi qui disposait de forces au moins triples des
<1. Voir t. VI, p. 84.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France