‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. septièmeChapitre 4 sur 246 · LIVRE XXXIIL · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIIL

la seule énergie du peuple souverain; que quant à elle, elle était debout pour défendre la liberté ; que les frères des quarante-sept sections seraient invités à envoyer des commissaires à un point central, lesquels commissaires devraient s'occuper sans relâche des moyens de sauver la République de l'abîme dans lequel une faction calomniatrice et liberticide et des généraux perfides voulaient engloutir la chose publique et la liberté. »

Le lendemain, vingt-sept sections avaient adhéré à cet arrêté et envoyé leurs commissaires à l'Évêché. Réunis dans la salle capitulaire, ces commissaires avaient choisi pour leur président Truchon, l'homme des massacres de septembre, et s'étaient constitués en assemblée centrale de salut public et de correspondance avec les départements, sous la sauvegarde du peuple.

Avis en est immédiatement transmis au Conseil général de la Commune, qui, sur le réquisitoire de Chaumette, sanctionne la constitution de l'assemblée centrale en lui allouant des irais de bureau1* Le Conseil décide en même temps que le lendemain dimanche, jour auquel les pétitionnaires sont d'ordinaire reçus à la barre de l'Assemblée, il s'y transportera en corps pour sommer la Convention de faire à Dumouriez l'application de (a loi qui prononce la peine de mort contre quiconque demandera un roi, un dictateur, un tyran quelconque.

L'adresse de la Commune est apportée en grande pompe à la Convention par le vice-président du Conseil général; Pache ayant voulu s'abstenir dans cette

■I. Moniteur du U avril, n° 95, art. Commune.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

8 HISTOIRE DE LA TER REUIl.

occasion, à raison de ses anciens démêlés avec Dumouriez. « Nouvelle preuve, disait l'orateur municipal, de la délicatesse de sa belle âme 1 . »

L'Assemblée écoute en silence cette adresse où Duinouriez élait comparé « à un nouveau Brennus qui mettait la vie de ses concitoyens dans la balance de son ambition. » Elle en vote l'impression, mais ne décide rien, parce qu'elle veut avant tout entendre le rapport que son Comité de défense générale lui a promis pour le lendemain 1er avril.

Ce jour-là, en eflet, à l'ouverture de la séance, Cambacérès vient lire les trois documents qui ont servi de base aux résolutions que Camus * a fait prendre l'avantveille : 1° la letlre de Dumouriez en date du 12 mars,lettre que tout le monde connaissait, mais qui n'avait pas encore été lue officiellement à la tribune; 2° une autre lettre du même général au ministre de la guerre, datée du 28 mars: 3" le procès- verbal . dressé par les trois commissaires du pouvoir exécutif, Proly, Pereira et Dubuisson, de la conversation qu'ils avaient eue h Tournai avec Dumouriez 3.

« Ces documents, ajoute Cambacérès, prouvent que le général en chef de l'armée du Nord est à la

1. Ce qui n'avait pas empêché Xavier Àudoin, gendre de Paclie, »de se faire nommer, par la section du Luxembourg, l'un des commissaires envoyés à l'tèvôché pour diriger le mouvement d'où était partie l'adresse de la municipalité.

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