LIVRE XXXV
juger les auteurs et les chefs de la conspiration du 10 mars, au mépris du décret en vertu duquel la poursuite des auteurs de cette conjuration devait occuper les premières séances de ce tribunal1. N'en doutez pas, citoyens, la République est perdue, si vous continuez l'indulgence avec laquelle vous avez traité jusqu'ici ceux qui, sourdement, que dis-je! publiquement, provoquent la dissolution de la Convention nationale. Ne sentez-vous pas que lés despotes s'avancent au milieu du désordre et de l'anarchie? Ne sentez-vous pas que ceux-là rendent un roi nécessaire au peuple, qui provoquent sans cesse l'anéantissement de la représentation nationale? »
Robespierre avait demandé plusieurs fois la parole pendant que les orateurs girondins occupaient la tribune. Depuis le jour où, par les soins de ses aflidés, les sections avaient commencé à s'agiter, il préparait, dans le silence du cabinet, un véritable acte d'accusation contre ses adversaires; l'heure était enfin venue de le produire.
Il entame son réquisitoire en reprochant aux Girondins d'avoir « composé avec Lafayette et Dumouriez, calomnié Paris, voulu l'abandonner au moment de l'invasion prussienne, pactisé avec la cour, cherché à sauver le roi et la royauté ; enfin de n'être que des modérés et des Feuillants. »
A chaque instant, la droite l'interrompt par des interpellations, le centre par des murmures. On veut