‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 122 sur 246 · MIS · texte numérisé non relu

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HISTOIRE DE LA TliRREUK.

tôt en tenter une seconde qui aurait plus de succès. »

On demande que la discussion soit fermée; les Girondins, désirant plaire a la Commune dont ils espèrent acquérir, sinon les sympathies, du moins' la neutralité, appuieut, par l'organe de Fonl'rède, la proposition de Barère.

Le jeune député de Bordeaux, qui jouait assez volontiers le rôle dé conciliateur, s'exprime ainsi : « On a souvent fait des reproches à la municipalité de Paris. Il y a tout lieu de croire que les inculpations n'ont pas été toujours fondées. Rendons-lui justice aujourd'hui. Apprenons à la France entière que, si la Convention existe encore, elle le doit à la commune de Paris et au commandant général. »

Les décrets proposés par Barère et Isnard sont adoptés d'un commun accord ; l'Assemblée se sépare au milieu d'un calme. qui aurait pu faire croire à l'apaisement des partis.

Mais, dès le lendemain, la lutte entre la Gironde et la Montagne recommence plus vive et plus acharnée que jamais. Cette fois, c'est Vergniaud qui l'entame par le discours le plus éloquent, sans contredit, de tous ceux qui sont sortis de sa bouche.

La séance est à peine ouverte que le grand orateur demande la parole. De véhémentes réclamations s'élèvent

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de l'extrême gauche. « La discussion est fermée, iuicriet-on. — '■ Vous voulez nous faire perdre notre temps, » répond Marat. Mais Vergniaud, qui vient de monter lentement les marches de la tribune, regarde fixement l'ami du peuple et l'écrase par ces simples paroles : « Lorsque la .conspiration des poudres eut été découverte à Londres, il ne put convenir qu'aux auteurs mêmes de cette conspiration de prétendre que c'était perdre son temps que de l'employer à en développer la trame.

« Sans cesse abreuvé d'amertumes et de calomnies, je me suis abstenu de la tribune tant que j'ai pensé que ma présence pourrait y exciter des passions et que je ne pourrais y porter l'espérance d'y être utile à ma patrie. Mais aujourd'hui que nous sommes tous, je le crois du moins, réunis par le sentiment d'un danger commun à tous, aujourd'hui que la Convention tout entière est sur le bord de l'abîme, aujourd'hui que les émissaires de Catilina ne se présentent pas seulement aux portes de Rome, mais qu'ils ont l'insolente audace de venir jusque dans cette enceinte déployer les signes de la contre-révolution, je ne puis garder un silence qui deviendrait une trahison. Je dirai la vérité, je la dirai sans crainte des assassins, car les assassins sont lâches et je sais défendre ma vie. Depuis longtemps, il n'est plus permis de parler du respect pour les lois, pour l'humanité, pour la justice, pour les droits de l'homme, sausêtre qualiûé au moins d'intrigant et plus souvent encore d'aristocrate et de contre-révolutionnaire. Au contraire, provoquer au meurtre, exciter au pillage est un moyen sur d'obtenir

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des hommes qui se sont emparés du gouvernement de l'opinion les palmes du civisme et le titre glorieux de patriote. Le peuple est divisé en deux classes : l'une, délirante par l'excès d'exaltation auquel on l'a portée, travaille chaque jour à sa propre ruine; l'autre, frappée de stupeur, traîne une pénible existence dans les angoisses de la terreur.

« Les pillages de février ne peuvent être attribués à une erreur instantanée. Ils ont été le résultat d'une opinion fortement inculquée dans, les âmes, à savoir : que ces attentats à la propriété étaient des actes patriotiques et que ceux qui les blâmaient n'étaient que les vils souteneurs de l'accaparement.

« Cette funeste aberration de l'esprit public a été indirectement favorisée par la Convention elle-même. Le jour où les meurtriers de Simonneau ont obtenu l'impunité S la résolution courageuse de mourir pour la loi a dû naturellement s'affaiblir dans le cœur des magistrats du peuple. L'audace qui la viole a dû, au contraire, s'accroître dans le coeur des scélérats, le jour où les auteurs des premiers troubles à raison des subsistances ont obtenu l'impunité. Il s'est formé de nouveaux complots; de là les pétitions insensées et les injures faites à vos propres commissaires *:

« Ainsi, de crimes en amnisties et d'amnisties en crimes, on en est venu à confondre les insurrections séditieuses avec la grande insurrection de la liberté, à

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