LIVRE XXX
d'aller chercher les individus auxquels on - donnait charge d'âmes, et qui, après comme avant leur consécration, ne méritaient, par leurs mœurs et leur manque complet de dignité, que mépris et dérision *.
Quand la Constituante déclara sa mission achevée, le schisme existait dans tous les diocèses, dans toutes les paroisses, dans toutes les familles2. La Législative s'entêta dans l'erreur commise par sa devancière. Elle mit en pratique la maxime qu'en un moment d'égarement Barnave. avait eu l'imprudence de proclamer : Périssent les colonies plutôt qiCun principe! Pour soutenir l'œuvré de la Constituante, elle eut recours aux
1. Comme nous n'aimons à invoquer que des témoignages qui ne puissent être contestés, nous nous contenterons de citer à l'appui do nos appréciations le portrait que trace de l'eveque de la Vendée M. Louis Blanc (t. VIII, p. \~û), sur le témoignage du républicain Mercier Durochcr, l'un des administrateurs de ce département ;
a Kodrigues, curé de Fougères, élu évèque de Fonlenây, fit son entrée dans cotte ville sur une petite rosse très-maigre: il était en bottes fortes ; il avait sa soutane retroussée cl un bâton à la main. Au compliment de félicita lion qui lui fut adressé par un. orateur patriote il secoua la tète, haussa les épaules et so liàta de gagner une hôtellerie. Cet homme est un parfait égoïste qui n'a jamais connu que les émoluments de sa place. »
2. Voir le rapport que Gallois et Gensonné, commissaires nommés par la Constituante, firent à l'Assemblée législative au début de la session. Ils y établirent que l'obligation imposée à tout ecclésiastique de prêter le serment constitutionnel avait été le signal de; troubles, que la division des prêtres en assermentés, en non assermentés, avait produit une véritable scission dans le peuple dits paroisses, causé la désorganisation des municipalités et amené la dispersion ries gardes nationales rurales; enfin que les campagnes troublées ne demandaient que deux choses : le retour de leurs curés et la liberlé dos opinions religieuses.
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procédés Jes plus draconiens de l'intolérance. Or, l'intolérance ressemble à ces remèdes violents dont certains empiriques doublent la dose à chaque crise qui vient assaillir leur malade; celui-ci paraît éprouver quelque soulagement, mais bientôt les convulsions redoublent de violence, et le patient meurt au moment oti le charlatan prétend l'avoir guéri.
On croyait avoir éteint les plaintes des campagnes de l'Ouest, parce qu'elles n'arrivaient plus jusqu'à Paris. On croyait avoir vaincu toutes les résistances, parce que la tranquillité matérielle n'était plus troublée. Mais le feu couvait sous la cendre.
Les populations abandonnaient les églises où jadis elles se pressaient ; elles allaient au fond des bois, dans les métairies les plus reculées, dans des grottes presque inaccessibles, chercher les sacrements qu'elles au raient eu horreur de recevoir des mains d'un prêtre constitutionnel. Elles n'avaient qu'une pensée, conserver intacte la pureté de la foi de leurs pères1.
il r.
Au .début, le mouvement vendéen et breton fut complètement religieux , nullement royaliste. Certes la chute du trône de Louis XVI, son jugement, son exé-
1 . Ce senlimenl est tellement invétéré cliez le paysan poitevin et breton que, depuis celte époque jusqu'à nos jours, il a existé et il existe encore dans les Deux-Sèvres, la Vendée et la Loire-Inférieure, des populations assez nombreuses formant ce que l'on appelle ta
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