‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 151 sur 246 · LIVRE XXXÎ · texte numérisé non relu

LIVRE XXXÎ

président de la Convention six lignes, dans lesquelles il le prie de ne rién préjuger sur sa lettre du 42, jusqu'à ce qu'il ait trouvé le temps d'en envoyer l'explication. Dès qu'ils sont en possession de cette pièce, les deux, représentants se hâtent de retourner à Bruxelles pour faire part aux autres membres cle la Commission de Belgique du résultat de leur ambassade. Là ils se séparent. Danton retourne immédiatement à Paris, Lacroix reste pour tenir son ami au courant des événements1.

Les négociateurs avaient à peine quitté le général en chef, que celui-ci avait pris son paru". Il ne pouvait se faire d'illusion sur la manière dont serait accueillie la lettre du 12 mars, même atténuée par la demi-rétractation du 21. Il savait mieux que personne qu'il était impossible de soustraire ce document à la publicité, car» dans sa téméraire jactance, il en avait livré des copies à des journalistes de Bruxelles. Déjà des exemplaires imprimés circulaient dans l'armée. Sous peu de jours, Paris allait inévitablement être instruit de tous les

1. Danton était le 21 a Bruxelles, il dut en partir le soir même ou au plus tard le Hï au matin. Il était donc de retour à Paris le 24. Biais, pendant deux ou trois jours, il se tint caché et ne parut à la Convention que le 27 mars. Dans quel but le célèbre iribun s'éclipsat-il ainsi pendant plus de 48 heures, lorsqu'il apportait des nouvelles aussi graves? Nul ne peut le dire, mais, quant au fait matériel, il nous semble hors de toute contestation. Nous n'avons besoin pour le prouver que d'invoquer : \" le rapport adressé à la Convention à la date du 22 mars et inséré. au Moniteur, n° 86; 1" les deux lettres que Lacroix écrivait a Danton les 25 et 28 mars et dont nous donnons le texte à la fin du volume.

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HISTOIRE DE LA. TEltREUR.

faits que le comité de défense générale s'était eltorcé de cacher à l'Assemblée elle-même1.

La Convention ne pouvait manquer de relever le gant, de mander à la barre le généra! rebelle et peut-être de lancer immédiatement contre lui le décret d'accusation. Bien convaincu qu'à Paris le tribunal révolutionnaire et, par suite, l'écbafaud l'attendaient, Dumouriez était résolu à ne pas s'y rendre. Mais alors il fallait se mettre en révolte ouverte et faire marcher résolument l'armée sur la capitale. C'est ve qu'avait tenté de faire Lafayette huit mois auparavant; niais, n'ayant pas voulu demander le concours ou du moins la neutralité aux armées ennemies, il avait été, dès la première heure, paralysé dans ses mouvements; bientôt obligé de chercher un refuge à l'étranger, il y avait trouvé les rigueurs autrichiennes et les cachots de la Coalition.

Comment éviter de tomber dans les mêmes errements? Il n'y avait qu'un moyen, s'entendre avec 'le- "prince de Cobourg, afin de s'assurer que l'armée qui irait .opérer à l'intérieur une contre-révolution ne serait pas inquiétée sur ses derrières et n'aurait pas à combattre deux ennemis à la fois.

C'était pactiser avec l'étranger, mais Dumouriez depuis longtemps s'était familiarisé avec cette idée. Déjà plus d'une fois des émissaires de toute provenance étaient venus le sonder sur ses desseins ultérieurs; il

1; Le Moniteur du ?5 mars, n" S4, donne la lettre dn'12 mars sous ta rubrique des Pays-Bas et annonce que cotte lettre, quoique adressée à la Convention, ne lui a pas été lue, mais qu'elle a élo imprimée et répandue dans toute la Belgique.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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