‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 157 sur 246 · LIVRE xxxr · texte numérisé non relu

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il arrivé qu'il reçoit la visite de trois commissaires envoyés par le ministre des affaires étrangères, Lebrun, pour nouer des intrigues en Hollande et en Belgique. L'évacuation de ces deux pays les mettant dans l'impossibilité de remplir leur mission , ils viennent se concerter avec le général sur ce qu'ils ont à faire dans les conjonctures présentes.

Ces commissaires étaient le Belge Proly, quif disaiton, était fils naturel du prince de Kaunitz, Dubuisson. homme de lettres assez obscur, Pereyra, juif portugais1. Tous les trois avaient été fort mêlés aux: troubles des Pays-Bas en 1787.

Proly, qui connaissait Dumouriez de longue date, se rend seul près de lui; il en est fort mal reçu. Le général commence par lui reprocher de l'avoir attaqué au club Saint-Honoré ; mais, quittant bientôt la question particulière pour la question générale, et oubliant que la prudence est la. première qualité du Conspirateur, il exhale tout haut sa mauvaise humeur contre la Convention et les Jacobins; il rejette sur eux. la responsabilité de tous les maux qui affligent sa patrie, déclare qu'il est assez fort pour se battre par devant et par derrière; que, dût-on l'appeler César, Cromwell ou Monck, il sauvera la France seul et malgré la Conven-

i. Ces trois commissaires du pouvoir exécutif, que la Convention déclara avoir bien mérité de la patrie pour avoir dévoilé les premiers les trames de Dumotiricic. furent, huit mois après, compris dans la conjuration dite de l'étranger et traduits comme complices dis ce complot imaginaire devant le tribunal révolutionnaire. Ils furent condamnes à mort et exéeutés le 4 germinal an U (23 mars 1794).

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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lion. Ces propos fort compromettants étaient tenus devant tout l'étal-major et aussi devant de nombreuses dépu talions de la ville et des environs. Proly. se souciant .fort peu de servir de but aux boutades du général, s'esquive et va se concerter avec ses compagnons afin d'obtenir une entrevue un peu moins publique où l'on puisse traiter sérieusement des graves affaires du moment.

L'entrevue est accordée pour le 27 à neuf heures du soir. Du mou riez reprend alors la conversation au point où il l'a laissée la veille.

« La Convention, dit-il, je l'ai en horreur, appelants, ou non appelants; le tribunal révolutionnaire, je ne le reconuais pas; la nouvelle constitution, il est impossible de l'accepter: il faut rétablir la royauté et la Constitution de 1791.

— Mais à qui, demande Dubuisson, ferez-vous prendre l'initiative d'une pareille. révolution.

— Mon armée, oui, mon armée, l'armée des mameluks si vous le voulez, fera connaître de son camp qu'elle veut un roi, et son vœu sera accepté par les cinq cents districts de France. Les présidents de chaque district me répondront du vote de leur circonscription.

— Mais, bien avant d'avoir réussi, vous serez décrété d'accusation.

— Je me moque de tous les décrets que l'on pourra rendre contre moi, je défie la Convention de me faire arrêter au milieu de mon armée; au reste, j'aurai toujours pour dernière ressource un temps de galop vers les Autrichiens.

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