LIVRE XXXI
même temps, de la part de Dumouriez, la lettre suivante1 :
« Mon général,
« Je vous adresse quatre députés de la Convention nationale qui sont venus de la part de cette assemblée tyrannique pour m'arrêter et me conduire à leur barre. Leur projet, ou du moins celui de leurs commettants, était de me faire assassiner à Paris.
« Je vous prie de les envoyer ù Son Altesse le prince de Saxe-Cobourg pour être gardés en otages pour empêcher les crimes de Paris. Je marclie demain sur la capitale pour faire cesser cette horrible anarchie. Je compte, comme on me l'a expressément promis, sur la trêve la plus parfaite pendant l'expédition que je vais faire, et même sur le secours de vos troupes en cas que j'en aie besoin, pour venir à bout des scélérats que je veux châlier, pour remettre l'ordre dans le royaume de France et rendre à toute l'Europe le repos et la tranquillité qu'ils ont troubfés si criminellement.
« Je vous envoie aussi particulièrement le général Beurnonville, ministre de la guerre, avec son aide de camp ; je vous prie de séparer ces deux militaires d'avec
I. Dumouriez, dans ses Mémoires,, fixe au 2 avril au soir la date de l'arrivée et de l'arrestation des commissaires de la Convention. 11 est contredit par toute? les pièces officielles, môme par celles qui sont revêtues de sa signature. (Voir la lettre à Clerfayt que nous donnons ici, la proclamation à l'armée et la lettre adressée à Miaczinski que nous donnerons dans le livre suivant.)
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
352 HISTOIRE DË LA TEBREUR.
les quatre membres de la Convention nationale, et de les traiter avec plus d'égards.
« Aux bains de Saint-Amand,le 1er avril, a dix heures du soir.