‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 230 sur 246 · ÉVÉNEMENTS DE V ALENC1 E NN ES ' ET DE CONDÉ · texte numérisé non relu

ÉVÉNEMENTS DE V ALENC1 E NN ES ' ET DE CONDÉ

Feïuunb était un vieux militaire qui avait été fait général de brigade le 8 mars 1793. Il fut nommé général de division, au moment mfime où, après la défection de Dumounez, les Autrichiens investissaient Valenciennes. 11 défendit vigoureusement cette place. Ce ne fut qu'après un siège de trois mois et un bombardement de quarante- trois jours, qu'il se rendit prisonnier de guerre avec toute sa garnison. Traduit au tribunal révolutionnaire, il fut acquitté, niais ne recouvra sa liberté qu'après le 9 thermidor. Sous 'le consulat, il fut, pendant dixhuit mois, préfet de la Meuse-Inférieure.

Davout. Nous n'avons pas l'intention de refaire une biographie qui vient d'être si bien faite par M. de Chénier, neveu d'André Chénier : Histoire de la Vie militaire, politique et administrative du maréchal Davout, duc d' Auerstsedl, prince d'Eckmuhl. Nous préférons, donner quatre pièces authentiques qui montrent quel cas on faisait, en 1793, des services du jeune officiel' bourguignon, et quelles diflici.il i.és éprouvaient les officiers les plus distingués par leur courage et leur civisme, s'ils avaient le malheur d'appartenir à ce qu'on appelait alors la caste nobiliaire.

Les représentants du peuple près l'armée des côles de la Rochelle réunis en Commission centrale d'Angers.

h Sur l'observation faite par un membre' de la Commission, que le ministre de la guerre, ayant tardé trop longtemps à employer dans cette armée, ainsi qu'il en avait été requis par le Comité de Salut public de la Convention nationale, le citoyen Louis Davout, lieutenant-colonel du troisième bataillon de l'Yonne et chef de brigade dans l'armée du Nord; de concert avec le citoyen Ronsin , adjoint du ministre, il lui avait écrit de se rendre sans délai auprès delà Commission pour être, par elle et par le citoyen Ronsin, employé en qualité d'adjudant général, dans le cas où le ministre ne lui en aurait point encore donné l'ordre ; qu'il vient d'arriver à l'instant et qu'il demande à fitre mis promptement en activité.

HISTOIRE DR LA TJïtUWÏOR.

« Considérant que le citoyen Davout (Louis) adonné, en plus d'une occasion, des preuves non équivoques de patriotisme et de courage, et notamment en poursuivant avec vigueur dans sa fuite le -traître Dumouriez, ce que la Convention nationale a reconnu en décrétant que le bataillon qu'il commandait avait bien mérité de la patrie; considérant aussi que ses talents militaires lui ont valu plusieurs succès l'année dernière en attaquant différents postes autrichiens, que dans une armée nouvellement organisée, telle que celle des côtes de la Rochelle, il est essentiel d'avoir des agents militaires qui aient déjà beaucoup d'expérience dans le métier des armes, arrêtent que le citoyen Louis Davout sera employé provisoirement en qualité d'adjudant général chef de brigade dans l'armée des côtes de la Rochelle et que le général en chef Biron est invité a lui faire connaître promptement à quelle brigade il peut être attaché.

h Boun botte, Richard, président, L/Torreau, A. Goupuxeàu, Talliek, P. Choudieu.

» A Angers, le 8 juillet -1703. »

Louis Davout à Boucholte, ministre de la guerre.

« Le conseil exécutif provisoire, par un arrêté pris dans le courant de juillet de cette année, m'ayant nommé général de division auprès de l'armée du Nord, je déclare que je ne puis accepter cetie place, parce que j'ai été noble. Je donne, par la même raison, ma démission de ma place d'adjudant général chef de brigade, à laquelle j'avais été promu par les représentants du peuple près de l'armée des côtes de la Rochelle, étant chef du troisième bataillon de l'Yonne qui était à l'armée du Nord.

« Je vous prierai, citoyenne me donner un reçu du contenu de la présente lettre,

« Louis Davout.

« Paris, le 20 août IÎ93, l'an II de la république uncet indivisible. ■> »

Le minisire de la guerre à Louis Daooui. « J'ai reçu, citoyen; votre lettre du 29, par laquelle vous

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

NOTES

déclarez que vous ne pouvez accepter le grade de général de division, auquel leconseil exécutif provisoire vous avait nommé, parce que vous avez été noble ; vous donnez par la même raison votre démission de la place d'adjudant général chef de brigade à l'armée des côtes de la Rochelle, à laquelle vous avez été promu parles représentants du peuple près l'armée du Nord, étant chef de bataillon au troisième de l'Yonne. La manière distinguée dont vous vous êtes conduit dans ce bataillon, le républicanisme et l'énergie que vous y avez développés contre le traître Dumouriez qui n'a échappé que par hasard au feu que - vous avez fait faire sur lui, tout nous faisait espérer que vous pouviez rendre de bons services à la patrie dans ce moment. Mais vous avez pensé que l'opinion générale et le vœu des sociétés populaires, fortement prononcées pour l'exclusion des ci-devant nobles des premières fonctions militaires, ne vous permettaient pas, quant a présent, d'inspirer dans l'armée le degré de confiance nécessaire pour y être aussi utile que vous le désireriez. Je me rends avec beauc'oup de regrets à la résolution que vous avez prise de vous retirer chez vous, en applaudissant à votre projet de vous y livrer à l'étude militaire et à la pratique des vertus civiques, jusqu'à ce que le souvenir de votre origine ne soit plus un obstacle à la confiance publique, qui vous est due personnellement. Vous pouvez vous présenter au bureau des fonds, première division de la guerre, à M. Gustetibre, à qui j'ai donné ordre pour vous rembourser de votre transport de l'armée du Nord à celle des côtes de la Rochelle et retour.

« Nota. Le ministre a accordé 1,000 fr. »

Tareait, représentant du peuple près les armées des Alpes et d'Italie, ait citoyen Pille, commissaire du mouvement des armées de terre.

a L'an II de la République, le 20 vendémiaire. « Tu te rappelles sans doute, citoyen, qu'avant mon départ pour l'armée d'Italie je t'ai entretenu du citoyen Davout, ancien lieutenant-colonel du troisième bataillon de l'Yonne, et ton camarade de guerre à l'armée du Nord. Carnot, à qui j'ai remis vi 37'

les notes les plus avantageuses sur son compte, m'a dit qu'il était au nombre des citoyens mis en réquisition, et que son intention était de l'employer à l'armée des côtes de Cherbourg; né perds pas un instant à rappeler à Carnot cette affaire qu'il m'a assuré être terminée. Sous tous les rapports, Davout, que tu connais, a des droits acquis à l'honneur de la réquisition; ces droits sont révolutionnaires, et tant qu'il y aura un ci-devant noble dans les armées, celui-ci, qui n'a eu que le malheur de la naissance sans avoir jamais exercé les droils iniques qu'elle assurait, qui en était au contraire la victime, ne doit pas être condamné à une inactivité nuisible à la chose publique qu'il peut défendre, et injuste pour lui. Si Carnot n'a point encore assuré sa destination, .dis-lui que la seule crainte de Davout serait d'être employé dans une armée où il n'aurait pas une grande activité.

« Je crois avoir oublié dans les' notes recueillies sur son compte, son adresse; la voici : — ■ Davout, à Ravières, par Ancy-le-Franc, département de l'Yonne.

« Je n'ai pas besoin d'exciter d'avance ta sollicitude sur celte affaire, qui, je le répète, tient beaucoup plus à l'intérêt de la République qu'à celui de l'individu.

i< Vois Carnot, vois Delmas; ce dernier connaît particulièrement Davout; communique-leur ma lettre et fais avec eux disparaître toutes les longueurs qui pourraient exister.

« Je t'embrasse et te salue fraternellement.

« Tdheau. »

3» camp de bruille.

Rosières avait été au service de la Belgique pendant tout le temps des troubles de 1787 à 1789. Il était alors lieutenant-colonel dans la légion de Maillebois, Pour obtenir un grade de plus, il passa au service de Belgique en 1792 et fut le président de la députation bruxelloise qui vint à la barre de la Convention demander l'annexion. Après les événements d'avril 1795, il fut nommé au commandement de la place de Douai; mais il fut bientôt suspendu de ces fonctions comme ayant un fils émigré. Il mourut à Paris en 1808.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

NOTES

Kermouvan comptait, en 1793, vingt-cinq ans de service. 11 passa comme maréchal de camp, en novembre 1792, ait service de Belgique. Suspendu en août 1793, il ne reprit pas de service et mourut en 1817.

Davesne, né à Roulers en Belgique, avait été mêlé aux troubles de 1787 à 1789. Ces troubles apaisés, il s'était fait amidonnier dans sa ville natale. Aussitôt après l'invasion de la Belgique en novembre 1792, il avait été employé dans les remontes, puis nommé général de brigade le 19 février 1793, et, peu de temps après les événements d'avril, général de division. Lorsqu'il commandait dans la Flandre maritime, il encourut la disgrâce du représentant du peuple Duquesnoy, qui ;prit contre lui l'arrêté dont la teneur suit :

« Le représentant du peuple Duquesnoy, informé que le général de division Davesne, au lieu de faire exécuter les ■ordres du général en chef dans l'expédition qui devait avoir lieu dans la Flandre maritime, y a mis, par mauvaise foi ou ineptie, des entraves très-préjudiciables au succès des armes ■de la République :

« Considérant qu'une faute de cette nature ne peut rester impunie.

« Arrête que le général Davesne est suspendu de ses fonctions, qu'il sera mis en arrestation et conduit dans la ville d'Arras; que le général Souham prendra provisoirement le commandement des troupes depuis Dunkerque jusqu'à Douai. « Beau mont, le 7° jour du 2e mois de l'an 2e de la République française une et indivisible.

ff DUQUESNOr, »

Davesne fut renvoyé au Tribunal révolutionnaire. Là encore Duquesnoy se porta son accusateur et le fit condamner à mort. Davesne fut exécuté le 16 ventôse avec deux autres lieutenants généraux qui n'étaient pas plus coupables que lui, Chancel et 0' Moran.

Chmjcel servait depuis 1769. 11 fut nommé général de brigage le 3 février 1793 et général de division le 11 septembre suivant. Mais, deux mois après,' il fut accusé par le représentant du peuple Duquesnoy d'être resté inactif au moment

dti déblocus deMaubeuge. Traduit au Tribunal révolution a aire, il fut condamné à mort et périt le 16 ventôse an II.

Pihon était, avant la Révolution, valet de chambre du roi. En septembre 1792, il rejoignit l'armée de Dumouriez comme commandant en chef de la section armée de la Fontaine-Montmartre. Le 26 janvier 1703, il était lieutenant-colonel; le 15 mai de la même année, adjudant-général ; le 22 thermidor an III, général de brigade. II prit sa retraite en l'an XL

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