‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 78 sur 246 · LIVRE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII

qui refusent d'adopter et de former un gouvernement fondé sur la Liberté et l'Égalité- »

Cela était assez clair et ne demandait pas dé commentaires ; d'ailleurs; s'il y en avait eu besoin, Lacroix et Danton se chargèrent de les donner. Ils partirent immédiatement pour promulguer la volonté immuable de la Convention. Le reste n'était plus qu'une simple formalité *.

4. Les commissaires envoyés en Belgique avaient d'aborri élé au nombre de quatre : Danton, Lacroix, Camus et Gossuin, nommés par décret du 30 novembre {voir t. V, p. 56). A. la (in de janvier, Treilhard et Merlin (de Douai); à la fin de février, Robert, vinrent les rejoindre. Ce dernier avait adresse au président de la Convention la lettre suivante, à laquelle nous avons déjà fait allusion lors du procès de Louis XVI (voir t. V, p. 489) :

« Président, je suis ne Lié^ois; le despotisme avait mis ma tète à prix; les armées de la République français l'ont terrassé ; le tyran île, la France 'n'est plus. Serait-ce manquer à mon devoir que d'aller revoir le pays où je suis né, que d'aller jouir un instant des embrassements paternels? Président, je le prie de faire observer à mes collègues que depuis trois ans la tyrannie m'en a privé- Je demande à la Convention un congé de huit jours pour aller embrasser à Lié^e ut mon père et la statue de la Liberté.

v Rociîrt, député de Paris.

« Le 28 février <le l;i République une et indivisible. >

La Convention non-seulement accorda lecongéque Robert demandait, niais encore l'adjoignit aux représentants du peuple en mission en Belgique; il n'arriva, du reste, à Liège que pour être témoin de la prise de celte ville et de la fuite de ses amis. "

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

HISTOlKli DE LA ÏKttHIÏUR.

Le premier acte delà comédie qui allait se jouer ne fut pas le moins singulier. Les trop fameux commissaires du pouvoir exécutif se réunirent le 3 février à Bruxelles et discutèrent gravement la question de savoir si la Belgique devait être réunie à la France. Avonsnous besoin de dire qu'ils résolurent cette question affirmativement à l'unanimité? Ils déclarèrent « qu'il fallait, pour obtenir ce résultat, employer d'abord la puissance de la raison, les touchantes insinuations de la philanthropie, puis tous les moyens de tactique révolutionnaire, et enfin, si les populations opposaient la force d'inertie, user du droit de conquête devenu pour la première fois juste et utile, c'est-à-dire déployer l'appareil de la force nationale pour éloigner des assemblées primaires toute scène scandaleuse \ »

Les commissaires, une fois convenus du mode de leur action commune, invitèrent chacun les villes de leur circonscription à se prononcer pour ou contre la réu-. nion à la France. Il nous paraît inutile de raconter les unes après les autres les scènes qui se passèrent à

i , Le procès-verbal de cette séance nous a été conservé par l'un des principaux acteurs, Publicola Chaussard, qui, en transmettant hi délibération de ses collègues au pouvoir exécutif, demandait « qu'on leur envoyât de l'argent et des levées pour remuer de fond en comble la Belgique. » Voir les Mémoires historiques et politiques de Chaussard, p. 437 et 472.

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