‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 84 sur 246 · LIVRE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII

« Comment, s'écrie à cette occasion le financier montagnard, pourrions-nous songer à imposer la bière si nécessaire aux braves sans-culottes ? Nous devons leur donner les moyens de danser la carmagnole autour de l'arbre de la liberté. Jl ne faut pour être libre que du pain, de la bière et du fer 4. »

Pendant que la Convention promulguait bruyamment les principes qu'elle jugeait propres à lui concilier l'amour et le dévouement des peuples, pendant qu'elle célébrait déjà par des chants de triomphe les conquêtes futures de Dumouriez, l'armée coalisée se massait à petit bruit sur les bords du Rhin, se grossissait des contingents allemands ainsi que de nombreux renforts prussiens ei autrichiens. Elle venait de passer sous le commandement en chef du prince de Cobourg, qui s'était naguère illustré dans la guerre contre les Turcs et brûlait de venger l'affront que les armes impériales avaient reçu à Jemmapes.

Apprenant que l'armée française a été affaiblie par deux détachements considérables, l'un destiné à assiéger Maestricht, l'autre à renforcer l'armée de Hollande, le nouveau généralissime se hâte de profiler de cette faute capitale. Nos cantonnements étaient mal gardés

■I. Voir au Moniteur^ n°* t>3 et 64, le décret du 2 mars, le rapport de Cambon et l'adresse aux Bataves rédigée par Barère.

et très-distants les uns des autres, le village d'Aldenlioven en était le centre; c'est là que se porte tout l'effort des Autrichiens. Le village est assez facilement enlevé malgré la résistance des généraux-, Stengel et Lanoue, qui ne s'attendaient guère à une attaque si vive et si prompte. Dès lors, notre corps d'armée est coupé en deux, il est obligé de regagner la Meuse par deux routes différentes et d'essayer de s'en faire une nouvelle ligne de défense.

Miranda était depuis quinze jours devant Maesiricht, qui résistait contrairement aux prévisions de Dumouriez. Incapable de l'assiéger selon les règles faute d'un matériel suffisant, il lançait des bombes et des. obus dans la place sans pouvoir y faire une brèche. Tout à coup, il reçoit des lieutenants de Valence la nouvelle qu'ils ont été obliges d'évacuer Aix-la-Chapelle et que les troupes chargéesd'investïr le faubourg placé sur la" rive droite de la Meuse courent grand risque d'être enlevées d'un moment à l'autre. Ii se hâte de les rappeler à lui et d'opérer sa retraite sur Liège et Tongres.

L'échec d'Aldenhoven, l'abandon d'Aix-la-Chapelle, la levée du siège de Maestricbt jettent l'effroi parmi les patriotes de Liège. Le conseil de ville se rassemble à la hâte. Trois des commissaires de la Convention, Gossuin, Lacroix et Merlin, qui se trouvent sur les lieux, viennent rassurer les autorités municipales et adjurent tous les habitants en état de porter les armes de voler au secours de la patrie en danger, ïls annoncent que, quant . à eux, ils vont se rendre à Tirlemont, sur les derrières de l'armée, afin d'aeliver l'envoi de nouveaux renforts. Par

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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