‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 86 sur 246 · LIVRE XX VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XX VIII

dite des Sans-culottes que commandait Estienn'e. Ces deux mesures préliminaires accomplies, il réunit à l'hôtel de ville les autorités municipales.

Là, entouré de son état-major et au milieu -d'un immense concours de* peuple, il adresse aux magistrats le discours suivant :

« Citoyens, on a commis des fautes et même des crimes envers le peuple belge : je veux réparer les unes et punir les autres. On vous a dit, tantôt que vous étiez administrateurs, tantôt que vous ne l'étiez pas; vous l'êtes; c'est le peuple qui vous a . choisis. Rentrez dès ce moment dans l'intégrité. de vos fonctions,

« Je ferai rendre aux églises les vaisselles qu'on a enlevées d'une manière indécente. Les Français, les soldats de la liberté ne doivent pas ressembler aux brigands; ils désavouent dés actions déshonorantes; ce n'est ni la nation, ni l'armée française qui sont coupables des torts dont la nation belge a le droit de se plaindre.

« J'ai donné ordre de relâcher les citoyens que l'on a arrêtés arbitrairement, et je ferai de même remettre en liberté ceux que l'on a saisis à titre d'otages. Nous n'en avons pas besoin; nous sommes assez forts de notre propre force; nous devons l'être encore davantage par l'amour des peuples à qui nous apportons la liberté. J'ai fait arrêter Chepy; j'ai fait mettre en prison le soi-disant général des Sans-culottes, Eslienne. J'ai fait défense à tout club patriotique de s'immiscer dans aucune affaire

vécut à la Terreur et devint sous l'Empire commissaire général de police à Brest.

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HISTOIRE DE f.A TEKRKOR.

militaire ou d'administration. Si l'on enfreint cette défense, le généra] Duvai fera fermer, et fermer sans retour, le lieu du rassemblement '.

« Je vous invite, et j'ose même vous ordonner d'écrire a tous ceux de vos concitoyens égarés, de déposer les armes, de reconnaître dans les Français leurs libérateurs et leurs amis, de revenir de préventions injustes. Ces préventions, je dois malheureusement l'avouer-, ont été provoquées par la conduite de quelques- uns de nos agents. Ce n'est pas la peur qui me porte à faire cette déclaration, mais mon amour de la justice et de l'humanité. 0

« Belges, comptez sur notre bravoure et notre fraternité. J'ai appris avec douleur vos justes sujets de plainte; je veux les faire cesser. Je ne reconnais d'autre force que celle de la loi ; je prendrai votre défense contre l'injustice, comme je vous ai défendus et vous défendrai contre les baïonnettes ennemies. »

Puis se tournant vers le groupe des Français qui l'accompagnaient :

<• Et vous, Français, vous le savez : aussi longtemps que nous nous sommes comportés en hommes libres et dignes de' l'être, en républicains vertueux, le sort, propice à la bonté de notre cause, a favorisé nos armes. Reprenons nos vertus, montrons que nous ne sommes ni des brigands ni des profanateurs. À ce prix, je vous

1. Depuis trois jours ce général avait remplacé le général Jiloretcm dans le commandement de la place de Uruxelles. Après l'évacuation de cette ville, il vint à Lille occuper la môme position. Nous l'y retrouverons bientôt.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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