‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. sixièmeChapitre 94 sur 246 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

gie. Le moment est arrivé oit il faut dire à la nation entière : « Si vous ne volez pas au secours de la Bel- « gique , si Dutnoutïez est enveloppé dans la Hollande, « si son armée est obligée de mettre bas les armes, la « patrie est perdue. »

« Le recrutement que vous avez ordonné il y a quelques jours ne peut donner que des résultats tardifs. Ce ne sont pas ceux qui conviennent à l'imminence du péril. Il faut que Paris, cette cité déjà si célèbre, dans les fastes de la Révolution, que celte cité tant calomniée, que cette cité qu'on aurait voulu renverser pour servir nos ennemis, donne encore à la France l'impulsion qui, l'année dernière, a enfanté nos triomphes. S'il est bon de faire des lois avec maturité, on ne fait bien la guerre qu'avec enthousiasme. Commençons par en appeler au patriotisme des Parisiens. Que la Convention nomme, dès ce soir, des commissaires qui se rendront dans toutes les sections; que ces commissaires rappellent à tous les citoyens en état de porter les armes le serment qu'ils ont prêté de maintenir jusqu'à la mort la Liberté et l'Égalité; qu'ils les requièrent, au nom de la patrie, de voler au secours de leurs frères en Belgique. La France entière sentira le contre-coiïp de cette impulsion salutaire. Nos armées recevront de prompts renforts. Il faut le dire ici, les généraux ne sont pas aussi répréhensiblés que quelques personnes ont paru le croire. Nous leur avions promis qu'au 1er février l'armée de Belgique recevrait un renfort de 30,000 hommes. Bien ne lui est arrivé. Hàtons-nous de réparer nos fautes. Que le premier avantage de nos ennemis soit-, coin tue

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

celui de l'année dernière, le signal du réveil de la nation. Qu'une armée, conservant l'Escaut, donne la main à Dumouriez, et les ennemis seront dispersés. Si' nous avons perdu Aix-la-Chapelle, Bréda est en notre possession. Dumouriez réunit au génie du général l'art d'échauffer, d'encourager le soldat. L'histoire jugera ses latents, ses passions, ses vices; mais ce qui est certain, c'est qu'il est intéressé à la splendeur de Ja République. Qu'il .soit secouru, et il saura faire repentir l'ennemi de ses premiers succès.

— Ouï, s'écrie Barère, faisons, aujourd'hui appel à Paris, demain aux départements; engageons tous les Français à partager la gloire qui accompagnera Dumouriez ; car, je le déclare, Dumouriez seul est une armée. »

La proposition de Danton est adoptée. La Convention décide également l'envoi de commissaires dans tous les départements de la République et rappelle à leur poste tous les membres de l'Assemblée absents par congé.

Mais, après tes propositions dictées par le patriotisme et l'enthousiasme, arrivent les motions inspirées par la haine et la délation. « Le moment est arrivé, dit le montagnard Duhem, où Paris, par de nouveaux efforts, va imposer silence à ses vils calomniateurs. Robespierre vous a dit qu'il restait encore dans Tétat-major de l'armée des restes impurs d'aristocratie; mais il existe aussi ailleurs des hommes vils et méprisables qui n'aspirent qu'à livrer les patriotes au glaive des vengeances aristocratiques. Il faut prendre contre eux une grande mesure révolutionnaire; il faut faire justice de tous ces

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