Cet inventaire commence ainsi
« L'an mil sepl cenl quatre-vingt-douze , quatrième de la liberté el le premier de l'égililé; cejourd'hui lundi dis septembre, six heures etdemie du malin, nous, Maire et officiers municipaux, et en présence de HF. Claude Fournier, commandant général des volontaires parisiens et marseillais venant d'Orléans, et de M. Joseph-François Bécard , commandant en elief du bataillon de Popincourt et de l'armée parisienne venant d'Orléans, de M. Pierre Guyot, lieutenant de ladite armée, el de MM. Pierre-Louis Itobillard et Louis- Florent Barbier, tous deux volontaires de l'armée parisienne, comme aussi en présence des sieurs Michel M.min et Jean Bonnenfant, caporaux d'artillerie, etc., il a été procédé à la description de tous effets, habits, bardes et linge qui se sont trouvés dans les chariots qui conduisaient à Versailles les prisonniers d'Orléans.
« Premièrement : six grands sacs de toile grise renfermant des chapeaux , des sacs de nuit et autres effets, lesquels sacs ont élé numérotés depuis un ju-qu'à six et sur chacun desquels nous avons apposé le cachet de la municipalité... »
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nier le récit de l'événement, qu'il connaissait déjà depuis la veille, il le complimente sur sa conduite et termine par ces mots que l'histoire doit conserver à la honte éternelle de celui qui les prononça : « Celui qui vous remercie, ce n'est pas le ministre de la justice, c'est le ministre du peuple. »
Par un impudent mensonge que, pour l'honneur du nom français , nous devons répudier de toute l'énergie de noire conscience, Danton associait la nation, alors muette et terrifiée, au crime de quelques scélérats; il croyait peut-être qu'il suffit de multiplier le nombre des coupables pour anéantir l'iniquité. Mais non, Danton n'était pas plus le ministre du peuple qu'il n'était celui de la justice; il n'était que le ministre des conspirateurs el des assassins *.
De la place Vendôme Fournier se rend avec sa bande à la place de Grève, d'où elle était partie quinze jours auparavant. Là, il reçoit de ses amis de l'Hôtel de Ville de nouvelles félicitations et leur laisse en dépôt ses canons, ses chariots, toute la défroque des morts, les malles, les valises et effets qu'il traîne à sa suite depuis Orléans.
Que devint une certaine cassette que l'infortuné Delessarl avait confiée à l'Américain? Que devinrent les valeurs de portefeuille que Fournier s'était fait livrer, et surtout un certain paquet qui ne contenait pas moins, paraît-il,
4. Nous sommes heureux de nous trouver ici complètement d'accord avec M. Michelet qui , en parlant de ce fait, appelle Danton « ce misérable esclave habitué à couvrir les faiblesses des actes sous l'orgueil de la parole. » {tlist. de la Révolution, tome IV, p. 243.)
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