‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. troisièmeChapitre 23 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

Le conseil général du Haut-Rhin lança une adresse ainsi conçue :

« La patrie est dans le plus grand danger; mais Louis XVI est bon et juste, il recouvrera la confiance publique. Nous maintiendrons la royauté et défendrons l'Assemblée nationale et le roi constitutionnel. L'ennemi est à nos portes. Ayez du calme, du courage. Ralliezvous autour de nous1. »

Le conseil général de l'Indre, dans une adresse eu date du 12 août» déclara «que sa profonde douleur ne lui permettait pas de sonder les vrais motifs de la loi du 10 août, mais qu'il regardait comme essentiel d'instruire les districts et les municipalités de l'état actuel du gouvernement et du danger imminent de la chose publique2. »

L'Assemblée législative comprit qu'il fallait, par des mesures de vigueur, couper court a ces hésitations avant qu'elles ne se transformassent en protestations éclatantes. Elle manda à sa barre le procureur général du départe-

1. Moniteur, p. 984. Nous avons retrouvé une lettre du général d'Harambure, qui commandait dans.lc Haut-Rhin. Nous la donnons à la fin de ce volume; elle fait connaître quels étaient les véritables sentiments de ce département, et, on peut le dire, d'une grande partie de l'Est. Elle est d'autant plus remarquable que celui qui, dans ce moment, se rendait ainsi, auprès du général d'Harambure, l'interprète des vœux du déparlement du Haut-Rhin, était fRewbell qui, élu à la Convention un mois plus tard, vota la mort du roi, et, par ce gage donné à la République, acquit le droit dé faire partie de la première formation du Directoire, où il représenta constamment la faction jacobine.

2. Registre des délibérations du pouvoir exécutif; séance du 2tlaoûH792.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

4fi HISTOIRE DE LA TERREUR.

ment de la Seine-Inférieure, qui vint s'excuser, et promit, au nom du conseil, une obéissance aveugle aux ordres de la représentation nationale1.

Elle agit de même contre le maire de Strasbourg, Dielrich 2. Mais celui-ci, après avoir apaisé les troubles que sa destitution avait suscités, ne crut pas devoir imiter le procureur général de la Seine-Inférieure, et se déroba pendant plusieurs mois aux poursuites de ses ennemis.

L'Assemblée ordonna que le procureur général syndic et le président du directoire de la Moselle fussent amenés à Paris par !a gendarmerie, de brigade en brigade; enfin, sur la proposition de Lacroix, elle renvoya devant le tribunal criminel du département le président, le procureur général et le secrétaire du département de la Somme.

Par une coïncidence digne de remarque, plusieurs des principaux chefs de la démagogie dans les départements se trouvaient à Paris, au moment de la révolution du 10 août. Depuis longtemps en lutte avec les autorités constitutionnelles, ils étaient venus se plaindre à l'Assemblée des prétendues persécutions dont ils avaient été victimes. Naturellement ils avaient cherché des protecteurs et des appuis parmi les meneurs du club de la rue Saint-Honoré, et s'étaient fort mêlés aux conciliabules qui avaient préparé l'insurrection. Parmi eux étaient Philibert Simond, vicaire de l'évêque constitutionnel

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