LIVRE X
tïon pure qu'un homme éprouve quand il a rempli son devoir, n
Le président adresse aux pétitionnaires de chaleureux remerciements sur leur patriotisme :
« L'Assemblée, dit-il, a une confiance entière dans le bon esprit des sections de Paris. Elle se fera un devoir de défendre constamment les droits et les intérêts du peuple, et de lui désigner ceux qui tenteraient de l'égarer... Les premiers moments d'une révolution sont toujours orageux; mais, dès que les secousses en sont terminées, la loi doit reprendre son empire1. »
Sur la demande de Lecointre-Puyraveau, l'adresse de la section des Lombards est renvoyée à la commission extraordinaire, et, une heure après, Vergniaud vient, au nom de celte même commission, non répondre à cette pétition, — elle était d'une date trop récente pour cela, — mais à celle que Robespierre avait si insolemment présentée trois jours auparavant au nom de la commune elle-même.
Le rapport de Vergniaud est aussi sévère que laconique; on pressent, en l'entendant, que la commission extraordinaire relient à peine la foudre dont elle se propose de frapper bientôt l'audacieuse rivale de l'Assemblée.
ii Vous nous avez renvoyé Aine pétition présentée par la municipalité provisoire de Paris. La commission a
4. Cet incident si important de la lutte entre la commune et l'Assemblée est complètement omis par le Momteur. Nous l'avons retrouvé dans le Journal des Débats et Décrets, p. 43l-<l3ât n" 336, séance du 29 aoûl, onze heures du matin.
pensé qu'il fallait s'en tenir aux principes, et, en conséquence, elle vous propose le projet de décret suivant :
« L'Assemblée, considéraDt qu'il n'appartient qu'il la Convention nationale de changer l'ordre des pouvoirs établis par la constitution, décrète qu'il n'y a lieu à délibérer sur la demande des représentants provisoires de la commune de Paris. »
L'Assemblée adopte sans discussion le rapport et le décret.
Que faisaient cependant les dictateurs de l'Hôtel de Ville tandis qu'on recevait avec dédain leurs pétitions et que l'ou affectait de leur rappeler ce titre précaire do « représentants provisoires, » qu'ils avaienleffacé de leurs actes, comme ils eussent voulu l'effacer clu souvenir ' de tous leurs adversaires? Ils se déclaraient inviolables au nom du salut de la patrie! Voici, en effet, la réponse que la commune fil le jour même (29 août) à Lelièvrc et à Vergniaud, réponse dont elle ordonna l'impression et l'envoi aux quarante-huit sections.
« Le Conseil général, considérant que les ennemis de la patrie s'agitent dans tous les sens pour diviser entre eux les citoyens dont l'union intime fait la plus grande force;
« Considérant qu'il faut déjouer les projets coupables de ces hommes, qui veulent renverser la liberté à quelque prix que ce soit;
« Considérant qu'il est du devoir de ceux qui, le 10 août, ont sauvé la chose publique par leur fermeté et leur courage, de détromper encore ceux de leurs concitoyens qui pourraient être égarés ;