COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Séance du 4 Juin , au matio.
/ye'ienfï : Cambon , Guyton, Barère.Lindet, DelacroiijTreilhard et Danton.
■ Paris, Comilé révolutionnaire :
« Le Maire de Paris, mandé par une lettre de ce jour, s'est rendu au Comité avec quatre membres du Comité révolutionnaire. Ces dei^ niers sont convenus de la nécessité de déposer leurs pouvoirs, et proposent de le faire a l'Assemblée convoquée par le déparlement à jeudi, ou même auparavant, si on satisfait à la promesse de k solde
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Comité insurrectionnel se borna à changer de nom ; il s'intitula Comité de salut public du déparlemenl de Paris, et continua, sous cette nouvelle qualification, le cours de ses illégalités et de ses déprédations. Quant à Henriot, il vint au sein du Conseil géoéral renouveler l'offre de sa démission ; le président fît l'éloge de son désintéressement et lui donna, au nom de la Commune, l'accolade fraternelle, en l'invitant à ne quitter ses fonctions qu'après qu'il aurait été remplacé. Henriot ne crut pas devoir refuser cette preuve de dévouement. Il fit plus : le jour de l'élection arrivé,
des gardes nationales et ciUjyens qui oot pris les armes les 31 mai dernier, 1" et S de ce mois, n
M. Louis Blanc commet une grave erreur en affirmant [t.TIII, p. 479] que, des onze citoyens qui composaient le Comité révolutionnaire, nul ne ressentit le désir de faire survivre son pouvoir k la circonstance. Prédisposé à croire à la eincérilé des promesses des démagogues, l'hislerien dont nous parlons n'a pas pris la peine de vérifier les faits. Nous avons retrouvé, pour notre part, un grand nombre de pièces émanant du Comité insurrectionnel qui, pour donner le change à ses détracteurs, avait pris le nom de Comité de salut public du déparl«ment de Paris; il siégeait rue Saiut-Hoaoré, en face de l'église Sainl-Roch.
Ces pièces sont revêtues des signatures de Marchand, Horny, Primerose, Maignet, Chéry, Delespine, c'est-à-dire des membres les plus importants du Comité primitif.
Elles prouvent en outre :
1° Que les membres de ce Comité louchaient chacun une indemnité de 6 francs par Jour;
i" Que les membres de la commission ïnspnclante des postes, autrement dit le cabinet noir, qui était sous la surveillance de ce Comité, avaient un traitemmt individuel detO francs par jour;
3* Que ce Comité fonctionnait encore le !0 août 4793, c'est^-dire près de trois mois après les événements du 31 mai.
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il se porta de nouveau caoclidat. Les sectioas modérées osèrent lui opposer un concurrent dans la personne de Raiïet, le courageux, commandant du balailloQ de la Butle-des-Moulins qui, le â juin, avait su si bien résister à Marat. Au premier tour de scrutin, Raffet l'emporta par &,9â8 voix contre /i,57â données à Henriot; mais un certain nombre de suffrages s'étaient dispersés sur d'autres candidats, et aucun des deux principaux, compétiteurs n'ayant obtenu la majorité absolue, il £allut procéder à un second vote. Les démagogues profitèrent de ce répit pour convoquer le ban et l'arrière-ban de leurs aÛidés et pour intimider leurs adversaires. Grâce à ces manœuvres, Henriot fut élu, le 1" juillet, par 9,087 voix sur 15,000 votanU; Raffet, cette fois, n'avait réuni que /i,9âS suffrages*. {Moniteur, n" 187.)
*. Dans la procédure dirigée deux aaa plus tard contre Ceyrat, ce hmeux Juge de p»'ix de la K«ction du Luxembourg, qui avait présidé aux massdcreâ du couvent des Carmes, rue de Vaugirard (voir l. III, p. 3S8), nous avons retrouvé des déposilions de témoins qui nous apprennent comment se fit l'élection d'Henriot au second tour de scrutin. Les électeurs durent voter à haute voix; tous ceux qui se hasardaient k donner leurs suffrages à BafTet étaient marqués d'une croix rouge sur le registre d'appel, et l'on faisait suivre leurs aoms de l'épithète da coatre-révQlutiotvnaxTes. On s'étonne qu'avec de pareils procédés et en de tels temps, il se soit trouvé 4,938 citoyens pour oser refuser à Henriot le litre de commandant des sections armées de Paris, titre qui valut plus lard à celui-ci, sans qu'il eût jamais servi un instant dans l'armëe active , le brevet de général de brigade et mËme celui de général da division. 11 est vrai que le ministre de la guerre de cette époque, rine{d« BouchoUe, n'y regardait pas de lii près.
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Dans les temps de crise, les hooDétes gens témoigoeut leur mécootentement en s'éloignantdes urnes, et les chifires qui précèdeot n'ont pas besoin de commentaires. M. Louis Blanc ' affirme cependant que la chute définitive de la Gironde fut accueillie dans la capitale avec plus d'espérances que de regrets. Il se trompe, et nous ne saurions trop protester contre une pareille conclusion. Ce qui a pu causer l'erreur de M. Louis Blanc, c'est rex.pres5ion bruyante de celle opinion factice qui se manifeste à Paris après toutes les révolutions comme après tous les coups d'État. Le bourgeois, te^marchand, l'ouvrier de cette grande ville, même ceux que n'a pas infectés le virus démagogique, n'ont-Us pas de tout temps salué comme une solution définitive le triomphe successif de toutes les factions? L'idéal du Parisien, après la lutte, c'est la tranquillité de la rue, la reprise du commerce, l'épanouissement du luxe. A cet idéal il est prêt à sacrifier ses plus chers intérêts, ses plus légitimes désirs, ses convictions les plus profondes. Tout entier à