‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 152 sur 205 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

Il invite le comité d'exécution à délivrer des tnandats d'arrêt contre les principaux amis de la Gironde qui ne sont pas couverts par l'inviolabilité parlementaire, notajiiment contre l'ex-ministre Roland et deux ministres en exercice, Clavière et Lebrun ' .

Il envoie saisir à la p<^te toutes les lettres qui peuvent paraître suspectes, qu'elles viennent de l'intérieur ou de l'étranger, donne l'ordre d'arrêter les courriers

absolument vide. L'eau-de-vie seule lui donnait l'attitude et les paroles : auic grands jours qui demandaient de la présence d'esprit, Henriot avait soin d'être ivre; il fui presque ivro au S juin, iv:;e au 9 thermidor. Dans cet état, le général devenait vraiment dangereux ; disant indifféremment non pour oui et oui pour non , il pouvait faire des malheurs sur ses amis mêmes. Au S juin, sa section, qui lui élait fort dévouée, lui envoyant un orateur, il l'insulta prnssi ère ment. Un tel homme à la (£te de cent cinquante bouches à feu pouvait, en se trompant d'ordre, foudroyer impartialement la Montagne et la Gironde. » (Histoire de la RévoliiHon,X.\, p. 603 et 604, 1" édition.)

M. Louis Blanc [Histoire de la Révolulion, t. VIII, p, 466) est plus court, mais non moins explicite dans son appréciation du mSme personnage :

« Le fils d'un pauvre babiUnt de Nanlerre, un ancien domestique que son maître avait cassé aux gages, un commis aux barrières compromis pour avoir aidé à les brûler, n

1. Non-seulement ces deux ministres furent arrêtés malgré les inhibitions formelles du Comité de salut public, mais la section des Piques s'avisa, de son autorité privée, de se saisir de la personne du ministre de la justiceGohier. Cette dernière arrestation n'était pas dans le programme des meneurs de l'Hôtel de Ville. Aussi ne fut-elle pas mainlenue; mais personne n'osa se plaindre de l'énormité commise par la section dm Piques, pas même celui qui en avait été victime.

Nous donnons à la fin de ce volume diverses pièces concernant ces arrestations. Elles montrent à quel degré d'abaissement étaient tombés les pouvoirs légaux devant les usurpations successives de la Commune,

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