‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 23 sur 205 · LIVRE XXXin · texte numérisé non relu

LIVRE XXXin

que l'on veut établir la liberté! Craignez que derrière le rideau il ne se trouve quelque ambitieux qui, sous le masque du patriotisme, n'usurpe le pouvoir suprême. »

La voix de l'orateur est couverte par les clameurs de la Montagne et des tribunes. On demande à aller aux voix. L'Assemblée s'estime suffisamment éclairée et vote le décret qui doit constituer la tyrannie du trop fameux Comité de salut public.

Les Girondins depuis le début de la Convention voyaient dans le duc d'Orléans un candidat que leurs adversaires tenaient en réserve pour la restauration possible de la royauté; ils avaient à plusieurs reprises fait des tentatives infructueuses pour exclure de l'Assemblée ce collègue, dont la présence à la crête de la Montagne leur paraissait une menace incessante. Ils ne pouvaient pas manquer de saisir la circonstance actuelle pour poursuivre leur dessein, en accusant le prince de connivence avec Duraouriez.

C'est Bariiaroux qui commence l'attaque (Il avril au matin). « II y a cinq mois, dit-il, nous avons été traités de scélérats; aujourd'hui vous devez reconnaître que nous avions raison. En effet, que demande Dumouriez"? Le rétablissement de l'ancienne constitution. Quel est celui que l'ancienne constitution appelle au trône? — D'Orléans, h

(( — Vous VOUS trompez , s'écrie " le Montagnard Brival, c'est le Dauphin.

B — Vous mentez sciemment, ajouteot d'autres voix.

„ — Eh hien ! puisque vous ne voulez pas m' écouter, reprend le jeune député de Mai'seille, je me retice de la tribune, mais je demande acte de ma dénonciation. 11

Un instant après Maribon- Montant, au nom du Comité de sûreté générale, vient proposer de mettre en arrestation la femme et les enfants du général Valence.

Châteauneuf-RandoD demande que l'on mette également en arrestation la duchesse d'Orléans, qu'il appelle la femme Égalité. « Son fils, dit-il, lui écrivait tout récemment des lettres contre-révolutionnaires; par ce seul fait elle doit être considérée comme suspecte, n

K Valence et Égalité fils, s'écrie Levasseur (de la Sarthe), se sont associés aux projets liberticides de Dumouriez; je n'en veux pour preuve que leur présence aux entretiens de celui-ci. Ils sont coupables par cela seul qu'ils ont souffert que devant eux ce traître insultât la Convention nationale. Ils devaient le poignarder en entendant de pareils discours. Je demande que, sans leurôter le droit de voter, on garde à vue Égalité père et Sillery. »

Les regards se portent tour à tour sur les deux inculpés qui siègent aux deux extrémités de la salle, l'un à droite, l'autre à gauche.

Sillery se lève et dit : « La demande de Levasseur est juste, elle est nécessaire pour la sûreté de la nation

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