LIVRE XXXrV
Bien p]us, par le brusque renvei^meot du pouvoir nouvellement établi, on montrait à i' Assemblée le cas que l'on faisait de ses Tolonlés. Double proQt : on brisait un Conseil peu sympathique, on bravait la Gonveotioa.
Moins d'un mois après les élections de novembre, les sections furent coQvo((uées à l'effet de nommer les cent quarante-quatre membres du Ccmseil général, qui, cette fois, devait être définitif.
Le scrutin s'ouvrit le 2li décembre. Grâce à la surexcitation qu'avaient produite dans les esprits les préliminaires du jugement du roi, les nouvelles élections furent très-généralement favorables au parti démagogique. La plupart des membres de la Commune du 10 août surgirent de nouveau et prirent leur revanche de leur récente défaite. Les nominations eurent lieu à des majorités à peu près aussi faibles qu'en novembre : cent voix, souvent moins, suffirent pour ouvrir l'entrée du Conseil à plus d'un bomme jusque-là obscur et inconnu.
Mais les meneurs de l'Hôtel de Ville n'avaient pas compté sur les complications inextricables que te législateur de 1790 avait accumulées comme à plaisir dans la fameuse charte municipale '. Au commencement d'avril, la nouvelle Commune n'était pas encore parvenue à se constituer légalement, parce que les scrutins épuratoirra avaient éliminé une quarantaine d'élus, et que certaines sections se refusaient à remplacer ceux de leurs représentants qui avaient été frappés d'ostracisme. D'une
1 . Noua aviins expliqué en détail les dispositions de celle loi, 1. 1", p. 331 et suivantes; Doua y renvoyons nos lecteurs.
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autre part, beaucoup de membres non réélue avaient cessé de se rendre à l'Hôtel de Ville. Le vide se faisait de plus eu plus autour de Ghauraette, d'Hébert, de Pache et des autres coryphées de la démagogie. Ils n'avaient plus assez de comparses pour peupler la grande salle de l'Hôtel de Ville et faire une illusion suffisante aux spectateurs qui se pressaient dans les tribunes. Sur cent quarante-quatre membres dont le Conseil général devait légalement se composer, à peine y en avait-il quinze ou vingt présents aux séances. Aussi les procèsverbaux de celte époque, au lieu de donner les noms de ceux qui prennent pari aux délibérations, portent-ils invariablement cette mention banale : « I>e Conseil municipal assemblé en la forme ordinaire. »
Le 8 avril, une députalion de la Commune vint demander à l'Assemblée nationale de vouloir bien l'autoriser à s'adjoindre les membres nouvellement nommés, sans attendre la fin des réélections et des épurations.
Dans ce moment, la Convention n'avait pas le temps de discuter avec la Commune; elle n'avait du reste rien à lui refuser; la pétition du Conseil général fut aussitôt convertie en décret '. I^ Commune usa immédiatement de cette faculté, et appela dans sou sein une centaine de membres récemment élus.