LIVRE XXXIV
Père furent égorgés, le 27 mars, à leur entrée à Machecoul, avant même d'être écroués.
Bientôt les prisons sont insuffisantes pour contenir tous les malheureux qu'on y entasse. Une commission instituée et présidée par Souchu * s'établit pour les juger ou plutôt pour désigner ceux qui doivent être massacrés. Le 3 avril, jour d'affreuse mémoire pour les contrées de l'Ouest, cinquante-huit prisonniers ' sont liés les uns aux autres au moyen d'une longue corde qui, comme le disaient les exécuteurs de cette triste tragédie, formait chapelet, conduits dans un champ, où l'on a d'avance creusé une large fosse, et passés par les armes '.
i. Souchu élait né à Saint-André-de-Château-Regnault, près de Tours, et avait été procureur fiscal d'une justice seigneuriale appartenant à UD parent de Cbarette. Depuis l'établissement des nouveaux tribunaux, il s'était établi à Hachecoul et y cumulait l'emploi d'avoui5 el celui de chef de bureau du district.
S. Parmi les victimes des massacres de Machecoul, les diverses autorités constitutionnelles eurent leurs représentants, à savoir : < ° Le district : Jaubert, vice -président ; Charruau, Sethuïs, administrateurs ; Hubin-Girardicre, procureur-syndic; Garreau, trésorier. 2" Le tribunal : Caviezel, président; Hasson, commissaire national; Charruau, greffier. 3° La municipalité : Baré, maire; Guilbaud, procureur-syndic; Boissy, Gueperoux, Deslandes, Forlineau, Gry, membres du Conseil de la commune; Bezian, greffier. 4° La garde nationale : Vrignaud et Baron, officiers. 5" Le clergé constitutionnel : Marchesse, curé de Bourgneur.
La plus grande partie des détails que nous donnons ici sont tirés d'un livre plein de faits curieux et de détails intéressants que vient de publier, à Nantes, M. Alfred Lallié, sous ce titre : Le District de Vachecoul, de 1788 à i793.
3. L'expression de chapelet a donné lieu à toutes sortes de fables : on a prétendu que les prières connues sons ce nom avaient été, pen-
Ces meurtres ont été par quelques historiens ullrarévolulionnaires mis en parallèle avec les massacres du 2 septembre à Paris, avec -ceux ordonnés à Lyon et à Nantes par Fouché et par Carrier. On doit flétrir les uns et les autres de la même réprobation; mais il faut bien recoonaitre aussi que, dans chacune de ces trois villes, le nombre des victimes fut à peu près décuple de celui des infortunés qui périrent à Machecoul et dans le pays de Retz. Dans ces affreuses guerres de représailles, où l'on ne se répond les uns aux autres qu'à coups d'atrocités de tout genre, l'historien, pour être équitable, en est réduit à supputer le nombre des victimes et à faire peser la plus grande part de responsabilité sur le parti qui en a le plus immolé.
Du reste, les massacres dé Machecoul ne restèrent pas longtemps impunis; Beysser, le lieutenant de Caudaux , s'empara de cette ville moins de quinze jours après les événements que nous venons de raconter. Souchu et ses principaux coinplices furent saisis, jugés et exécutés dans les vingt-quatre heures qui suivirent l'occupation républicaine'.
daot l'exéculion, récitées par les séides de Souchu; on en a inféré qne les assassins avaient voulu ptac«r ces meurtres sous l'égide de la religion. Rien de tout cela n'est vrai ; cette expression se retrouve dans le récit de plusieurs massacres de cette époque ; nous pourrions ciler notamment ceux des Oroteaux, h. Lyon. Il est naturel qu'on se serve des mêmes termes pour exprimer les mêmes choses. Comme les républicains à Machecoul, les royalistes,- aux Broleaux, furent conduits an moyen de longues cordes dans le champ oii leur fosse était préparée, et ce fut, là aussi, la fusillade qui égrenn ces chapelets humains.
1. Par les lois des 7 et 9 avril, les tribunaux criminels venaient
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