LIVRE XXXV. 10S
demande que voub eatendiez le rapport du Comité de salut public. »
La parole est donnée à Cambon; mais l'objet dont il entretient l'Assemblée ne se rattache point à la question : il annonce que le ministre de la marine, Monge, vient de se démettre de ses fonctions et que le Comité propose de le remplacer par Dalbarade, un de ses adjoints. Ce choix est approuvé sans débat et la discussion est reprise sur la pétition de la Halle-au-BIé. Foufrède monte à la tribune pour répondre à Danton.
<t Lorsqu'on préf)are, dit l'orateur, une pétition insolente qui semble ne vouloir invoquer que l'appui de la minorité de cette assemblée, j'ai le droit de m'adresser à la majorité et de venger la nation des outrages qu'on a osé faire ici à ses représentants. Coirnne le préopinanl, je ne ferai pas au peuple l'injure de croire, de dire au moins que cette adresse soit son ouvrage ; elle est souscrite par quelques individus, et je n'ai pas l'habitude de prendre quelques individus pour le peuple. On accuse la majorité de cette assemblée de corruption ! Qui l'accuse? C'est Dumouriez, qui veut la dissoudre; ce sont les royalistes, qui vous redemandent le tyrao dont vous avez abattu la télé ; ce sont tous les nobles, tous les prêtres, tous les tyrans obscurs qui versent le sang pour avoir de l'or, et qui sont même trop vils pour aspirer au pouvoir, si le pouvoir ne menait à la fortune.
<t lilh quoi ! répondrai- je aux signataires de cette adresse, vous demandez que la nation se lève pour la défense de la République, et vous accusez de corruption la majorité de ses représentants! Vous ne voulez donc pas que les ennemis soient repoussés? Vous demandez que nous donnions une constitution à la France, et vous accusez de corruption la majorité qui doit la créer! Vous ne voulez donc pas de constitution? Vous êtes donc, vous, insolents pétitionnaires, les agents de nos ennemis, carvous parlez et vous agissez comme eux. »
A Fonfrède succède un autre orateur du même parti; c'est celui de tous qui a le plus de verve, mais aussi le plus d'acrimonie :
« On cherche, dit Guadet, à vous environner d'une opinion factice pour vous dérober la connaissance de la véritable. Cette opinion factice est comme le coassement de quelques crapauds. »
•< — Tais-toi, vil oiseau ! » répond la voix stridente de Marat.
« — Oui, poursuit Guadet, celte opinion factice est comme le coassement de crapauds que, d'après le rapport de je ne sais quel voyageur, certains sauvages appellent l'expression de la volonté de leurs dieux. Il faut éclairer cette opinion, non par des procédures précipitées qui tendraient à faire absoudre les coupables, mais par ta recherche patiente des preuves qui mettront les tribunaux à même de suivre le &\ des conspirations. El, a cette occasion, je demande quel'accusateurpubltc vienne ici nous rendre compte de sa conduite et nous apprenne pourquoi il n'a pas rais le tribunal en état de
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