LIVRE XXXV
Pétion. — « Je suis le premier à demander que les traîtres et les conspirateurs soient punis!
RoBESPiEREE. — « Et Icufs complices !
Pétion. — « Oui, et leurs complices, et vous-mêmes. 11 est temps enOn que toutes ces infamies SnisseDt; il est temps que les traîtres et les calomniateurs portent leur tête sur l'échafaud. Je prends ici l'engagement de les poursuivre Jusqu'à la mort.
RoBESpiERRB. — « Répoods aux faits.
PÉTION. — « C'est toi que je poursuivrai.
Le président Thuriot. — « Je n'ai pris le fauteuil que parce que le calme régnait dans l'Assemblée. Hier, j'ai présidé pendant huit heures; si le calme ne se rétablit pas, je prie la Convention de me faire remplacer.
Pétion. — « Demandez à la Convention de se tenir dans le calme et la dignité qu'exigent les circonstances, et vous ne serez pas épuisé de fatigue comme vous l'êtes. Il est impossible de tolérer plus longtemps toutes ces infamies. Il est impossible à l'bonnéte homme de contenir son indignation lorsqu'il se voit insulté avec audace par des êtres flétris du sceau de la réprobation. Oui, je fais le serment de poursuivre les traîtres ! Oui, il faudra que Robespierre soit enfin marqué du fer chaud destiné aux calomniateurs. Que signifient ces dénonciations perpétuelles contre des hommes qui ont toujours respiré pour la liberté? Il faut enfin que le peuple connaisse ceux qui, sous le masque d'un faux patriotisme, le trompent, l'égarent et le poussent dans l'abîme. Je ne serai content que lorsque j'aurai vu ces hommes qui
tSS HISTOIRE DE LA TERREUR.
veulent perdre et qui, si on les écoutait, perdraient la République, porter leur tête sur l'échafaud. Nous ne devons pas souffrir qu'on nous menace sans cesse du poignard des assassins... <>
A ces mots, l'orage qui gronde sur les sommets de la Montagne, depuis le moment où Pétion est monté à la , tribune, éclate par les interpellations les plus violentes.
(1 — Xu n'as pas toujours tenu ce langage.
(1 — Tais-loi, dictateur du 10 août ! »
Marat gesticule en vociférant; David s'élance au milieu de l'hémicycle et, découvrant sa poitrine, s'écrie : — « Je demande que vous m'assassiniez! «
Pétion dédaigne de répondre à ce maniaque qui a quitté ses pinceaux pour broyer du rouge, suivant sa propre expression *. Il revient à Poultier contre lequel il demande la censure pour avoir donné ses propres observations comme celtes du comité de la guerre. « Ce sont ces faussaires, ces calomniateurs; ce sont ces jadis nobles, ce sont ces jadis prêtres...
Il — Dites tout de suite ces jadis moines, répond Poultier, je l'ai été, mais depuis dix-huit mois je suis à la frontière.
u — Ce sont tous ces hommes qui prétendent avoir le monopole du patriotisme , et nous, les patriotes de 89 et de 91, nous qui étions sous les poignards le lendemain de l'affaire du Ghamp-de-Mars, nous sommes relégués
i. Avons-nous besoia de rappeler que David, après avoir étâ comblé des faveurs de Louis XVI, dout il vota la mort, après avoir promis â Robespierre de boire la ciguë avec lut, devint premier peintre de S. M. l'Empereur et Roi et accepta le titre de baron?