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LIVUE XXXV. U*
entretenu aux dépeus du trésor public par une faction qui, depuis longtemps, dispose de nos financeB et de la puissance du gouvernement, qui cherche à identifier Marat , auquel on reproche des exagérations, avec tous les amis de la République qui lui sont étrangers. Dans toute cette affaire, je n'aperçois que l'esprit des Feuillants, des modérés et de tous ces lâches assassins de la liberté, qu'une vile intrigue ourdie pour déshonorer le patriotisme. Je repousse avec mépris le décret d'accusation proposé. 11
Laojuinais présenta la contre-partie de l'opinion de Robespierre et résuma les griefs de la majorité :
11 Marat, dit-il, a provoqué directement, expressément, publiquement, de vive voix et par écrit, le rétablissement de là tyrannie en demandant la dictature et le triumvirat. Il a appelé le poignard sur les représentants du peuple; il a prêché l'anarchie, le pillage et le meurtre; il s'est fait l'avllisseur perpétuel, le calomniateur banal de tous les fonctionnaires publics. Ces faits ne sont ignorés de personne; je ne me reconnais pas le droit de faire grâce, je serais un lâche et un trattre à la patrie si je ne disais pas : Il y a lieu à accusation. »
De tous les votants, Dubois^Crancé eut seul la juste prévision de l'avenir : « Vous avez, dit-il, en se tournant vers la droite, donné à cet homme, dont l'existence fut longtemps un problème, une consistance qu'il ne cherchait pas. Vous avez cru utile d'effrayer le peuple des départements d'une prétendue secte de maralistes pour jeter tout à la fois le ridicule et la calomnie sur le patriotisme de la Montagne, sur cette Montagne que
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us HISTOIRE DE LA TERREUR.
j'habite, surcetteMoDtagDequiafaitlaRévolutioDetqui la sauvera. Vous avez formulé une dénoDciatiou contre Maratj qu'il fallait laisser seul avec ses lubies, souvent très-lumioeuses. Cette dénoDciation est absurde, Marat sera absous, innocenté, et le peuple vous le rapportera en triomphe dans cette enceinte. »
L'événement démontra la vérité de cette prophétie, mais l'Assemblée s'était trop avancée pour reculer.
Malgré les vociréralions des tribunes qui , pendant neuf heures, ne discontinuèrent pas un instant, deux cent vingt voi}t se déclarèrent favorables au décret d'accusation, quatre-vingt-douze se prononcèrent contre. Sept députés demandèrent l'ajournement, quarante et un s'abstinrent.
Le décret d'accusation avait réuni les deux tiers des voix.
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