‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 78 sur 205 · LIVRE XXXVI. ns · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVI. ns

Le président annonce aux pétitionnaires que, conformément à un décret qui vient d'être rendu, ils doi- ■vent tous signer ce qui a été lu en leur nom *. Cette formalité remplie, il les admet aux honneurs de la séance. On fait observer que Pache n'a pas imité l'exemple de ceux qui sont auprès de lui à la barre. Le maire répond : « Je ne suis pas parmi les pétitionnaires. Le Conseil général de la Commune m'a seulement chargé de les accompagner. Au reste, pour éviter tout doute à cet égard, je vais signer. »

T^ président profile de la présence du maire pour l'interroger sur l'état des subsistances ; Pache assure que cet état est satisfaisant.

u II est le même, dit-il, qu'il y a quinze jours; les alarmes que l'on a répandues dans la population sont exagérées et ont porté beaucoup de citoyens ^ accumuler chez eux plus de pain qu'ils n'en consomment. Il est encore une autre cause de l'apparente rareté du pain, c'est l'écoulement qui s'eu fait de Paris dans les cara-

1. Ce décret, rendu sur la proposlLiondeBuzol, était ainsi conçu : K La Convention nationale décrète que la pétition annoncée au nom de la majorité des sections de Paris sera enlendue ; qu'après sa lecture, les pétitionnaires seront tenus de la signer individuellement et qu'elle sera ensuite renvoyée aux sections, afin que tous les citoyens qui l'ont faite, ou qui y ont donné leur adhésion, soient tenus d'yapposer leur signalure individuelle dans leur section respective. »

Ce renvoi aux. sections était aussi maladroit que possible; il prolongeait l'agitaiion et donnait prétexte aux meneurs de l'Hôlel de Ville de recueillir de gré ou de force des signatures, Kous verrons, quelques pages plus loin, les moyens de pression qu'ils mirent en usage pour grossir le nombre de leurs prétendus adliércnls.

mzedBïGoOgle

U6 HISTOIRE DE LA TEftBEUR.

pagnes voisines. J'ai requis le commandant-général de surveiller et d'empêcher cette exportation, de visiter les coches d'eau qui ta favorisent, d'arrêter les voitures et charrettes qui l'opèrent ^. »

Ces explications données, la discussion s'ouvre. Fonfrède demande à dire quelques mots sur l'adresse lue par Rousselin. Jamais le jeune Girondin n'a fait preuve de plus de verve ; jamais il n'a déployé plus d'ironie.

« Si la modestie, dit-il, n'était pas un devoir plutôt qu'une vertu, dans un homme public, je m'offenserais de ce que mon noin n'a pas été inscrit sur la liste honorable qui vient de vous être présentée. »

(i Et nous aussi ! tous ! tous ! » s'écrie, en se levant comme un seul homme, l'immense majorité de l'Assemblée.

u Je vois, citoyens, que vous partagez mes sentiments et mes regrets; que vous êtes, comme moi, jaloux d'être signalés pour avoir bien servi la République. D'un autre côté, je rends hommage au zèle éclairé, à la surveillance active qui a dicté la pétition. Qu'il est heureux pour la République que'Ies pétitionnaires et le maire de Paris veuillent bien vous accorder la faveur de vous soumettre à un scrutin épuratoire ! Oui, c'est bien là le vœu libre, spontané du peuple. Il est impossible qrf'aucune intrigue, pas même la prophétie de Camille Desmoulins, l'ait provoquée. Tous les habitants de cette immense cité y ont concouru. Je ne fais nul doute à cet égard.

1 . Voir, à cet égard , les détails que nous avons déj<i donnés l. VI, p. u.

mzedBïGoOgle

Page 1