LIVRE XXXE
président de la Convention six lignes, dans lesquelles il le prie de ne rien préjuger sur sa lettre du i2, jusqu'à ce qu'il ait trouvé le temps d'en envoyer l'explication. Dès qu'ils sont en possession de cette pièce, les deux représentants se hâtent de retourner à 'Bruxelles pour faire part aux autres membres de la Commission de Belgique du résultat de leur ambassade. Là ils se séparent. Danton retourne immédiatement à Paris, Lacroix reste pour tenir son ami au courant des événements*.
Les négociateurs avaient à peine quitté le général en chef, que celui-ci avait pris son parti. Il ne pouvait se faire d'illusion sur la manière dont serait accueillie ia lettre du 13 mars, même atténuée par la demi-rétractation du 21. Il savait mieux que personne qu'il était impossible de soustraire ce document h la publicité, car, dans sa téméraire jactance, il en avait livré des copies à des journalistes de Bruxelles. Déjà des exemplaires imprimés circulaient dans l'armée. Sous- peu de jours, Paris allait inévitablement Otre instruit de tous les
I. Danton étail le 24 à Bruxelles, il dut en partir le soir même - ou BU plu3 tard le SI au matin. Il était donc de retour i Paris le 2i. Mais, pendant deux ou trois jours, il se tint caché et ne paru! à la Convention que le il mars. Dans quel but le célèbre Iribun s'éclipsat-il ainsi pendant plus de i8 heures, lorsqu'il apportait des nouvelles aussi graves? Nul ne peut le dire, mais, quant au fait matériel, il nous semble hors de toute contestalion. Nous n'avons besoin pour le prouver que d'invoquer : 1* le rapport adressé k la ConvenlîoD à la date du 21 mars et inséré au .VonUeur, n' 86; S° les deux lettres que Lacroix écrivait k Danton les 35 et SS mars et dont nous donnons le texte à la lin du volume.
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306 HISTOIRE DE L,V TERBEUR.
faits que le comÎLé de défense gt^nérale s'était efforcé de cacher h l'Assemblée elle-m?me'.
La Convenlion ne [Xmvaitmanquerde relever le g«nt. de mander à la barre le général rebelle et peut-être de lancer immédiatEment contre lui le décret d'accnsalion. Bien convaincu qu'à Paris le tribunal révolutionnaire et, par suite, l'échafaud l'attendaient, Dumouriez élait résolu k ne pas s'y rendre. Mais alors il fallait se mettre en révolte ouverte et faire marcher résolument l'armée sur la capitale. C'est ce qu'avait tenté de faire Lafayette huit mois auparavant; mais, n'ayant pas voulu demander le concours ou du moins la neutralité aux armées ennemies, il avait été, dès la première heure, paralysé dans ses mouvements; bientôt obligé de chercher un refuge à l'étranger, il y avait trouvé les rigueurs autrichiennes et les cachots de la Coalition.
Comment éviter de tomber dans les mêmes errements? Il n'y avait qu'un moyen, s'entendre avec le prince 'de Cobourg, afin de s'assurer que l'armée qui irait opérer à l'intérieur une contre-révolution ne serait pas inquiétée sur ses derrières et n'aurait pas à combattre deux ennemis à la fois.
C'était pactiser avec l'étranger, mais Dumouriez depuis longtemps s'était familiarisé avec cette idée. Déjà plus d'une fois des émissaires de toute provenance étaient venus le sonder sur ses desseins ultérieurs; il
1. Le .Vonileur du !S mars, n' Si, donne la lettre du <S mars sous la rubrique des Pays-Bas et annonce que cette lettre, quoique adressée h la Convention, ne lui a pas été lue, mais qu'elle a êlé imprimée el répandue dans (oule la Belgique.
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