‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 125 sur 200 · LIVRE XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI

Mack. Celui-ci le trouve entouré d'un nombreux étatmajor et prêt îi lui Taire les honneurs d'un, somptueux repas. On se met à table, te général français place à sa droite le colonel autnchien et affecte de ne lui parler tout haut que de l'échange des prisonniers et des soins à donner aux blessés qu'il a laissés dans Liège. Bruxelles et les autres villes récemment évacuées; mais il lui porte tout bas la santé de l'Empereur, de l'archiduc Charles et du prince de Cobour^. On s'adresse les plus chaleureux complimems sur la brillante valeur que tes deux armées ont déployée dans les combats des jours précédents et sur l'humanité avec laquelle la guerre est conduite aussi bien par les Français que par les Autrichiens, malgré les inrftmes calomnies que ne cesse de débiter la presse Jacobine.

Cependant, à travers ces conversations banales. Mack surprend chez son inlerlocuteur une pensée qui est pour lui un trait de lumière, c'est que le général français suppose à Cobourg des forces bien plus considérables que celles dont il dispose réellement. Le colonel autrichien en conclut, à part lui, qu'il peut se montrer, dans la négociation qui va s'entamer, plus difficile et plus roide qu'il n'avait d'abord l'intention de l'être'.

1 . Dans ce moment, les Autrichiens ne pouvaient meUre en ligne plus de 30,000 hommes. Dumouriez, au contraire, croyait avoir affaire il 60,000. Cobourg n'avait avec lui aucune artillerie de siège pour altaquer les places fortes de la Belgique. ]1 envoyait sans cesse courrier sur courrier au duc de Brunswick pour hâter la marche des Prussiens et des autres coalisés, attardés sur le Hein, et qui le laissaient ainsi exposé à tous les dangers d'un retour offiaosiF des Fran-

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A la On (lu repas parait le géaéral Valence, la tèle entourée de bandelettes apposées &ur ses blessures de Nerwinde. Dumouriez l'avait fait prévenir de la proeliaine \isile du colonel Mack ; et, de Tournay, où ses premières colonnes venaient d'entrer, il avait rebroussé chemin pour se rendre au quartier général. L'arrivée de Valence fournit à Dumouriez un prétexte pour congédier les odiciers subalternes et pour emmener l'envoyé autrichien dans un cabinet éi-artc, dont l'entrée est gardée par un aide de camp de confiance. Valence, le duc de Chartres, le chef d'état-major Thouvenot, le colonel Montjoie, sont seuls admis à la conférence.

Les portes fermées, Dumouriez exhale toute la douleur et toute la colère dont son âme est remplie. Il termine ainsi sa longue phîlippique :

« li noits est impossible de rester plus longtemps spectaleurM tranquilles de tant d'horreurs. Je veux disperser cette criminelle Gfmvention, rétablir la royauté constitutionnelle, proclamer le dauphin roi de France, sauver les jours de la reine. Mais, pour exécuter ces résolutions avec sécurité et succès, il est nécessaire que te prince de Cobourg s'engage à me laisser tranquille dans mes positions derrière la Dendre et, bien loin de m'attaqucr, me prèle tous les secours que je pourrai lui demander. Il a reçu les ouvertures conlîdeDtielles que

Cats. On peut voir, duns l'ouvrage de M. de Bourgoing, que nous avons <ié'ji cité, les misons de cette étrange conduite. Les tiraillements que suscitait entre le$ cabinets do Berlin et de Vienne le partage de la Pologne inBaïient lortemcnt sur la marche des sratéos prussienne et autrichienne en Belgique et vers le Rhin.

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